Les députés britanniques auront l’opportunité de réfléchir, sérieusement ou non, lors de leurs nouvelles vacances parlementaires prévues à la fin du mois. Mais cette interruption leur laisse encore moins de temps pour parvenir à un nouvel accord sur le Brexit.
La sortie de l’UE aurait dû être entérinée il y a six semaines. Si le gouvernement britannique souhaite éviter d’organiser des élections européennes, il ne lui reste même pas deux semaines pour convaincre le Parlement d’adopter un accord remanié sur le Brexit. Et si le gouvernement souhaite éviter que ces députés européens prennent leurs fonctions, il ne lui reste que sept semaines pour y parvenir.
Mais l’arithmétique parlementaire n’a pas beaucoup évolué, malgré la poursuite des négociations entre les conservateurs au pouvoir et les travaillistes siégeant dans l’opposition. Le Premier ministre, Madame Theresa May, a promis de tenir une (autre) série de votes indicatifs si elle et son homologue travailliste ne parviennent pas à trouver un terrain d’entente sur les ajustements à apporter à l’accord actuel sur le Brexit.
Pourtant, l’impasse dans ce dossier n’a pas ébranlé la fièvre électorale, alors que plusieurs campagnes ont été lancées au Royaume-Uni cette semaine. Le manifeste du parti travailliste a fait grand cas de son plan d’union douanière et a proposé la possibilité d’organiser un second référendum, que le leader du parti, Jeremy Corbyn, n’hésite pas à qualifier de « processus de guérison » pour le pays. Les libéraux-démocrates ont frappé fort avec leur brochure « Bollocks to Brexit [Merde au Brexit] », demandant au pays de renoncer à l’ensemble du projet. Mais le Brexit Party lui-même, de même que les conservateurs au pouvoir, n’a pas pris la peine de publier de manifeste électoral, avançant que ses positions sur le sujet étaient déjà claires.
Le Brexit n’a pas refroidi l’ambiance festive du continent à l’occasion de la Journée de l’Europe, où les dirigeants européens (à l’exception du Royaume-Uni) se sont retrouvés dans la ville transylvanienne de Sibiu pour rédiger un projet postélectoral pour l’avenir de l’UE (EUROPE 12251/1).
Stephen Barclay, le ministre britannique chargé du Brexit, y était toutefois présent cette semaine et n’a pas manqué de se plaindre des « réflexions approximatives » sur le Brexit « et de l’incapacité à examiner la relation à plus long terme entre le Royaume-Uni et l’Europe ». Il a également exprimé sa frustration au sujet du « portrait de “petit Anglais” du Brexit dressé par Nigel Farage », le dirigeant du Brexit Party, en déclarant qu’il ne correspondait pas à sa propre vision « globale ». En outre, il a profité de l’occasion pour s’entretenir en tête-à-tête avec la ministre française chargée des Affaires européennes, Amélie de Montchalin, et Manfred Weber, le candidat tête de liste du parti européen PPE à la présidence de la Commission.
Le Parlement britannique suspendra ses travaux le 23 mai. Les dirigeants européens se réuniront pour un dîner informel le 28 mai à Bruxelles afin de faire le point sur les résultats des élections européennes. (Version originale anglaise par Sarah Collins)