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Bulletin Quotidien Europe N° 12235
POLITIQUES SECTORIELLES / Justice

à Washington, la commissaire Věra Jourová plaide en faveur d'une « coalition mondiale » sur la protection des données

Lors d’un discours à l’Institut Brookings, jeudi 11 avril à Washington, la commissaire européenne à la Justice, Věra Jourová, a plaidé en faveur d’une coopération forte entre l’UE et les États-Unis à l’ère du numérique et, plus largement, en faveur d’une « coalition mondiale » sur la protection des données. 

Pour Mme Jourová, il y a actuellement deux camps à l’échelle mondiale : un camp « qui comprend que nous devrions avoir plus de contrôle sur nos données, y compris dans l’environnement en ligne », dont l’UE est « un membre fier », et un camp « qui a une approche laxiste à l’égard de la protection de la vie privée, qui accorde la priorité à l'accès libre et incontrôlé aux données au nom des intérêts des entreprises ou du gouvernement ». 

Elle a appelé les États-Unis, qui réfléchissent actuellement à une potentielle loi fédérale sur la protection des données (EUROPE 12137/22), à rejoindre ce premier camp. « Je veux voir l'Europe et l'Amérique travailler ensemble parce que nous sommes des sociétés démocratiques fondées sur des valeurs similaires et que nous sommes exposés à des problèmes similaires [...] Si nous devenons rivaux et promouvons des modèles contradictoires, aucun de nous ne gagnera », a-t-elle déclaré. 

Pour la commissaire, une coopération transatlantique solide pourrait faire partie des réponses aux questions brûlantes sur la 5G, la Chine ou encore sur l’avidité de données des géants de l’Internet. 

« Il est temps de travailler ensemble, y compris avec le Japon (EUROPE 12178/3) et d'autres alliés animés du même esprit, pour établir la norme mondiale et montrer la voie à suivre. Je pense que c'est le bon moment pour créer une coalition mondiale et promouvoir la circulation sécurisée des données », a-t-elle ajouté. 

Ce faisant, la commissaire a décliné des pistes à suivre pour la prochaine Commission européenne dans ce domaine. Il faudra, selon elle, mener une évaluation éthique indépendante de l’impact de l’innovation technique sur la société. « Nous ne devrions pas aspirer à devenir le prochain épisode de la série Black Mirror », a-t-elle déclaré, en référence à la série diffusée sur Netflix qui s'interroge sur notre rapport à la technologie dans le futur. 

Il faudra aussi résister à la tentation d’une règlementation excessive et se concentrer d’abord sur la mise en place des règles existantes en prenant en compte les nouveaux développements, notamment en matière d’intelligence artificielle, a-t-elle conclu. (Marion Fontana)

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