Le groupe S&D au Parlement européen s'est étonné, vendredi 12 avril, du fait que des maires du parti prokurde HDP, élus aux élections du 31 mars, aient été privés de leur mandat et remplacés par les candidats d’autres partis arrivés en seconde position.
Le groupe S&D a donc exigé, dans un communiqué, que des mandats soient donnés à tous les maires élus qui avaient été démis de leurs fonctions publiques par des décrets adoptés par le gouvernement à la suite de la tentative de coup d'État de 2016.
Selon Saruhan Oluç, porte-parole du HDP, cité par Reuters, plus de la moitié des maires élus de ce parti attendent toujours de recevoir leur mandat pour prendre leurs fonctions.
« Comment est-il possible que le Haut Conseil électoral [YSK] ait autorisé des candidats à se présenter et qu'une fois élus, ils soient remplacés par le candidat d'un autre parti ? », a souligné Kati Piri (S&D, néerlandaise), rapporteur du PE sur la Turquie. « C'est très loin de ce que nous entendons par démocratie et respect des résultats des élections », a-t-elle ajouté.
Et de prévenir : « Si les autorités turques commencent à priver arbitrairement les maires de leur mandat ou à ne pas reconnaître les résultats des élections des partis d'opposition, cela aura également des conséquences sur les relations futures entre l'UE et la Turquie. »
L’AKP, parti du président Erdogan, a aussi annoncé, le 9 avril, qu’il voulait un nouveau scrutin à Istanbul, ville qu’il a perdue au profit du parti de l’opposition CHP. (Camille-Cerise Gessant)