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Bulletin Quotidien Europe N° 12235
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ACTION EXTÉRIEURE / Libye

Accord des Vingt-huit sur une déclaration commune appelant à la fin des combats

Les 28 États membres de l'UE se sont mis d’accord, jeudi 11 avril dans la soirée, sur une déclaration commune appelant à la fin immédiate de toutes les opérations militaires. 

La veille, une première tentative de déclaration avait échoué à la suite de commentaires de la France (EUROPE 12234/22), pris en compte dans cette seconde déclaration, selon une source française. 

Ainsi, la déclaration de la Haute Représentante, au nom des Vingt-huit, appelle « toutes les parties à cesser immédiatement toutes les opérations militaires ». Si la mouture précédente mentionnait le général Haftar, à la tête de l'Armée nationale libyenne (LNA), cette déclaration ne le cite pas une seule fois, sans doute pour ménager les sensibilités françaises, Paris gardant un contact étroit avec le général. 

« L’attaque militaire lancée par la LNA sur Tripoli et l'escalade subséquente à l'intérieur et autour de la capitale mettent en danger les civils, y compris les migrants et les réfugiés et perturbent le processus politique dirigé par l'ONU, avec le risque de graves conséquences pour la Libye et la région dans son ensemble, notamment la menace terroriste », ajoutent les États membres dans la déclaration, soulignant le sort des réfugiés et migrants, comme demandé par Paris, un commentaire absent de la première version. 

« La LNA et toutes les forces qui se sont installées à Tripoli ou dans ses environs doivent se retirer et les trêves humanitaires demandées par l'ONU doivent être prises en compte. L'Union européenne rappelle aux parties à cette confrontation qu'elles doivent respecter le droit international, y compris le droit international humanitaire, et que ceux qui le violent en seront tenus pour responsables », préviennent les Européens. 

À la demande de Paris, la déclaration revient aussi sur les inquiétudes européennes concernant « l'implication d'éléments terroristes et criminels dans les combats, y compris des personnes figurant sur la liste du Conseil de sécurité des Nations Unies », exhortant les parties libyennes à se dissocier de ces éléments, « tant publiquement que sur le terrain ». 

L’UE et ses États membres appellent également leurs partenaires internationaux et régionaux à exercer leur influence et « à envoyer le message sans équivoque aux parties concernées qu'il n'existe pas de solution militaire à la crise, mais une solution politique », demandant la cessation de « la rhétorique incendiaire ». 

Les Européens exhortent « donc vivement toutes les parties à reprendre sans délai le dialogue politique et à continuer de s'engager dans le processus dirigé par l'ONU en vue d'un règlement politique inclusif », promettant qu’ils continueront à soutenir les efforts du Représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies, Ghassan Salamé. Comprenant que « dans les circonstances actuelles », la Conférence nationale ait dû être reportée, ils demandent que celle-ci soit convoquée « dès que les circonstances le permettront ». 

Les Européens sont « prêts à soutenir ses résultats et à contribuer à assurer une transition pacifique dans l'intérêt de tous les Libyens ainsi qu'à tracer la voie vers des élections crédibles et pacifiques dès que possible, comme convenu par les parties libyennes à Paris en mai 2018, à Palerme en novembre 2018 et à Abou Dhabi en février 2019 », ont-ils conclu, faisant droit ainsi à la dernière demande de Paris de faire référence à ces trois conférences. (Camille-Cerise Gessant)

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