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Bulletin Quotidien Europe N° 12232
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POLITIQUES SECTORIELLES / NumÉrique

Les États membres s'engagent à mieux accompagner la transition numérique

Les États membres de l'Union européenne se sont engagés à travailler main dans la main pour que la transition numérique ait un impact positif sur les femmes, l’agriculture et la culture, à l’occasion de la 'Journée du numérique', mardi 9 avril à Bruxelles. Cet événement a également permis de faire le point sur les initiatives en cours, y compris en matière d’intelligence artificielle. 

La 'Journée du numérique', qui rassemble des décideurs politiques et des parties prenantes pour discuter de l’avenir numérique de l’Europe, est organisée par la Commission européenne sous l’égide de la Présidence roumaine du Conseil de l’UE. L’édition 2017, organisée à Rome (Italie), avait lancé la coopération sur le calcul à haute performance, tandis que l’édition 2018, organisée à Bruxelles, avait porté sur l’intelligence artificielle (EUROPE 11752/7, 11999/6). 

'Journée du numérique 2019'

Cette année, trois thématiques étaient à l’ordre du jour : les femmes, la culture et l’agriculture. 

- Renforcer la participation des femmes dans le numérique : 24 États membres (tous, sauf l'Autriche, la Bulgarie, la Croatie et la Hongrie) ainsi que la Norvège se sont engagés à travailler ensemble pour accroître la place des femmes dans l'économie numérique. Les signataires s'engagent en particulier à élaborer une stratégie nationale en la matière, à inciter les entreprises à lutter contre la discrimination au travail fondée sur le sexe ou encore à promouvoir une participation équilibrée des deux sexes au sein des conseils, des comités et des organes traitant des questions numériques. À l'heure actuelle, les femmes représentent 52 % de la population européenne, mais n'occupent que 15 % des emplois liés aux technologies de l'information et de la communication (TIC). Voir la déclaration : https://bit.ly/2IrX78S.  

- Construire un avenir numérique intelligent et durable pour l'agriculture et les zones rurales en Europe : 24 États membres (tous, sauf l'Autriche, la Bulgarie, la Croatie et le Danemark) ont cosigné cette déclaration dans laquelle ils s'engagent notamment à mettre en place une infrastructure d'innovation à l'échelle européenne et à créer un espace de données européen pour les applications agroalimentaires intelligentes. Leur action s'appuie sur le constat selon lequel les zones rurales représentent 80 % du territoire de l'UE, comme l'a souligné la commissaire Mariya Gabriel, mais que seulement 47 % de ces zones disposent d'une connectivité haut débit rapide. Ce alors que les technologies numériques peuvent aider à relever d'importants défis économiques, sociaux, climatiques et environnementaux dans les domaines de l'agriculture et des zones rurales. 

- Numérisation du patrimoine culturel : 22 États membres (tous sauf l'Autriche, la Bulgarie, la Croatie, le Danemark, l'Allemagne et la Grèce) ainsi que la Norvège s'engagent à faire progresser la numérisation d'objets anciens, des monuments et des sites du patrimoine, ainsi qu'à favoriser la participation des citoyens et la coopération transfrontalière. La déclaration commune, qui s'appuie notamment sur l'année européenne du patrimoine culturel, suggère de recourir à la technologie 3D pour modéliser les données et les connaissances et les stocker dans un annuaire européen. 

Marché unique numérique : 28 initiatives sur 30

Ces trois déclarations complètent celles signées l'année dernière par tous les États membres sur l'intelligence artificielle, par 20 États membres sur la médecine personnalisée, par 27 États membres sur la 'blockchain'. 

Cette journée a aussi fourni l'occasion à la Commission européenne de dresser un nouveau bilan de sa stratégie pour le marché unique numérique, lancée en 2015. Le vice-président Andrus Ansip s'est félicité que 28 initiatives sur les 30 proposées par la Commission Juncker dans le cadre de la stratégie pour un marché unique numérique aient été adoptées. Il ne s'est par contre pas attardé sur les 2 initiatives toujours en suspens, qui ne devraient pas être adoptées avant les élections européennes. Il s'agit, en premier lieu, de la proposition de règlement sur la confidentialité des communications électroniques, pour laquelle on attend toujours la position du Conseil (qui devrait arriver en juin) et, en second lieu, de la proposition de règlement sur les centres de compétences en matière de cybersécurité, sur laquelle les négociations interinstitutionnelles ont été interrompues après 3 réunions à la demande du Conseil, désireux d'obtenir de nouvelles clarifications. 

Dimension éthique de l'intelligence artificielle

L'intelligence artificielle, au cœur de l'édition 2018, a été brièvement abordée sous l'angle des questions éthiques, après que le groupe de haut niveau avait remis son rapport à la Commission la veille (EUROPE 12231/10). Le président du groupe, Pekka Ala-Pietilä, a rappelé que l'intelligence artificielle devait être un moyen pour atteindre le bien-être en maximisant les bénéfices et en minimisant les risques, et non une fin en soi. 

Une approche soutenue par le vice-ministre tchèque chargé des nouvelles technologies, Petr Očko, selon lequel « notre mot d'ordre devrait être une intelligence artificielle digne de confiance par défaut ». 

La secrétaire d'État néerlandaise aux Affaires économiques, Mona Keijzer, a, quant à elle, invité les participants à penser la technologie autrement et à se projeter dans le futur pour qu'Amazon et Alibaba ne soient pas les deux seuls acteurs restants. Elle a posé la question de l'autonomie et a incité à rester prudents avec les algorithmes 'boîtes noires', ces algorithmes qui décident de manière non transparente. 

Le sous-secrétaire italien au Développement économique, Andrea Cioffi, et le ministre polonais de la Numérisation, Marek Zagórski, ont tous deux souligné le potentiel que représentait l'IA dans une société vieillissante. 

Rappelons que, la veille, plusieurs parties prenantes avaient réagi à la publication des lignes directrices pour une intelligence artificielle éthique, comme Digital Europe (qui siégeait parmi les experts), qui s'était réjouie du résultat, ou encore l'ACCA, l’Association mondiale des Experts-Comptables et Auditeurs, qui a tout particulièrement soutenu l'approche centrée sur l'humain, le processus de consultation retenu, et qui a également appelé à mener ces discussions sur la scène internationale. Pour consulter les lignes directrices, voir la page : https://bit.ly/2IjQYf6.  (Sophie Petitjean)

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