Sous la pression européenne, le réseau social Facebook s’est finalement engagé à exposer clairement aux utilisateurs la manière dont l'entreprise utilise leurs données pour profiler leurs activités, leur adresser des publicités ciblées et financer ainsi la plateforme, a annoncé la Commission européenne, mardi 9 avril.
C’est là le résultat d’une action conjointe du réseau des autorités nationales de protection des consommateurs et de la Commission pour exiger de la plateforme qu’elle mette à jour les modalités et les conditions d'utilisation dans ses contrats de service (EUROPE 12100/4).
À l'avenir, Facebook devrait spécifier qu’il ne fera pas payer ses utilisateurs en contrepartie de leur accord pour que leurs données soient partagées et pour s’exposer à des publicités commerciales.
« Facebook s’engage enfin à plus de transparence et à un langage clair dans ses conditions d’utilisation. Une entreprise qui veut restaurer la confiance des consommateurs après le scandale FB/Cambridge Analytica ne devrait pas se cacher derrière un jargon juridique compliqué sur la manière dont elle se fait des milliards en utilisant les données des gens », commente, dans un communiqué, la commissaire à la Justice et aux Consommateurs, Věra Jourová.
Mais il faudra attendre la fin juin 2019 au plus tard pour que tous les engagements souscrits soient pleinement mis en œuvre, selon l'arrangement conclu. Si Facebook ne respecte pas sa parole, les autorités nationales compétentes pourraient imposer des sanctions au géant des réseaux sociaux.
Selon la Commission, cette action conjointe a également poussé Facebook à : - reconnaître sa responsabilité en cas de négligence, par exemple quand les données ont été abusivement utilisées par les tierces parties ; - restreindre son pouvoir de modifier unilatéralement les conditions d'utilisation en limitant cette prérogative aux seuls cas où les modifications sont raisonnables et prennent en compte l’intérêt du consommateur ; - modifier les règles en matière de rétention temporaire de contenu ayant été effacé par les usagers du réseau : ce contenu ne pourra être retenu que dans des cas spécifiques, par exemple pour satisfaire à une demande émanant d’une autorité publique – et pour un maximum de 90 jours quand cette demande est motivée par des raisons techniques ; - clarifier le langage relatif au droit des usagers de Facebook de faire appel quand leur contenu a été retiré du réseau social. (Aminata Niang)