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Bulletin Quotidien Europe N° 12231
ACTION EXTÉRIEURE / Afghanistan

Le Conseil appelle à des négociations directes entre les Afghans le plus vite possible

Les ministres des Affaires étrangères des États membres de l'Union européenne ont appelé, lundi 8 avril, au lancement, le plus vite possible, de négociations de paix, directes, entre les parties en présence dans le conflit afghan, négociations auxquelles l’UE doit être associée d’emblée, selon eux. 

« Des négociations directes entre les Afghans, dans lesquelles le gouvernement afghan et les talibans occupent une place centrale, devraient débuter dès que possible en vue d'assurer un processus de paix et de réconciliation inclusif, dirigé et pris en charge par les Afghans », soulignent-ils dans des conclusions adoptées lors du Conseil réuni à Luxembourg. 

Devant la presse, la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a estimé que ces négociations pourraient commencer dès la semaine prochaine. Des négociations sont actuellement menées entre les États-Unis et les talibans et des inquiétudes demeurent sur la capacité du gouvernement afghan à pouvoir réintégrer les pourparlers au plus vite. 

Les ministres encouragent ainsi le gouvernement afghan et les talibans à redoubler d'efforts pour parvenir à un règlement pacifique et négocié du conflit, appuyant aussi toutes les actions favorisant le processus. 

« L'UE doit être associée d'emblée à toutes les étapes du processus de paix », estiment les chefs de la diplomatie. Devant la presse, Mme Mogherini a précisé que l’UE jouait déjà un « rôle essentiel pour essayer de faciliter le début des négociations », qu'elle travaillait étroitement avec l’administration américaine à ce sujet et que l’Union bénéficiait de la confiance des parties, mais aussi des acteurs de la région. Les conclusions du Conseil soulignent d’ailleurs que le processus de négociation a besoin du soutien total et de la participation constructive de toute la communauté internationale. 

Tout comme la Haute Représentante l’avait signifié lors de son voyage en Afghanistan (EUROPE 12222/26), les ministres rappellent que l’Union est prête à aider à rendre le processus de paix inclusif, à appuyer les réformes, à faire office de garant du processus de paix, si cela lui est demandé, à aider à la réintégration des combattants et de leur famille et, enfin, à promouvoir le commerce et la connectivité dans la région. Le Conseil invite donc la Haute Représentante et la Commission à mettre en œuvre ces actions à mesure que le processus de paix progresse. 

L’UE est aussi prête à contribuer, sur le plan politique et sur le plan financier, à la mise en œuvre d'un accord, à condition que celui-ci préserve « les avancées politiques, économiques et sociales obtenues par le peuple afghan depuis 2001, sur lesquelles il ne devrait pas être possible de revenir ». Selon le Conseil, l’accord, qui doit être négocié de manière inclusive, doit donc respecter l'État de droit et les droits de l'homme et des femmes et assurer la continuité de l'État afghan, de ses institutions, de son ordre constitutionnel et de ses obligations internationales. Il doit par ailleurs mettre en œuvre toute modification de ces éléments par un processus légitime et inclusif. L’accord doit aussi impliquer une renonciation à la violence et s’opposer à toute menace d'organisations terroristes transnationales agissant depuis le territoire. Il doit prévoir des possibilités de faire appliquer l'obligation de répondre de ses actes, y compris au moyen de la justice transitionnelle et de traiter les plaintes des victimes du conflit en Afghanistan. 

La Haute Représentante a aussi rappelé que les négociations ne devaient pas prendre en otage le processus électoral. (Camille-Cerise Gessant)

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