« Nous pouvons dire avec certitude » qu’une sortie désordonnée du Royaume-Uni de l’UE se traduirait par « une perturbation importante de certains marchés agricoles », a déclaré, lundi 8 avril à Bruxelles, le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan.
Lors d’une conférence de presse, le commissaire n’a pas voulu se montrer alarmiste. Il a déclaré qu’il espérait vraiment « que le bon sens l’emportera » et qu’un accord sur le Brexit sera trouvé. « Pas d’accord, cela n’a pas de sens ; il y a trop d’enjeux, pour toutes les parties concernées, au Royaume-Uni et dans l’UE », a indiqué Phil Hogan. Il a dit espérer que « les choses évolueront de manière positive cette semaine au Parlement britannique et que l’on pourra éviter une sortie sans accord ».
Une boîte à outil disponible. Le collège des commissaires discutera mardi 9 avril des mesures agricoles à prendre en cas de Brexit sans accord. M. Hogan a souligné que la Commission avait « l'obligation juridique d'intervenir ». Et une intervention précoce permettrait d’éviter le développement d'une crise potentiellement beaucoup plus grave à long terme. Il estime que la Commission dispose d’une « boîte à outils » suffisante pour intervenir en cas de besoin.
Le commissaire a évoqué des mesures sous la forme d’interventions publiques, d’aides au stockage privé, de systèmes de retrait des produits et d'aides ciblées. La Commission examine aussi les règles en matière d'aides d'État. L'institution a récemment augmenté de 66 % le niveau des aides dites 'de minimis' pouvant être accordé dans le secteur agricole au moyen d'aides d'État, et ce, sans le notifier à la Commission.
Frontière irlandaise. Le commissaire Hogan a déclaré que le résultat des négociations à Londres dicterait la réponse de l'UE s’agissant des produits qui traversent la frontière irlandaise dans le contexte d’un Brexit ans accord. « S'il y a une union douanière et un alignement réglementaire entre l'UE et le Royaume-Uni, rien ne changera », a-t-il assuré. « S'il n'y a pas d'accord, nous verrons nos responsabilités en vertu de ‘l'accord du Vendredi saint’ pour empêcher une frontière dure sur l’île d'Irlande ».
Tarifs douaniers. La Commission a mis à jour sa base de données sur l'accès aux marchés afin d'inclure le Royaume-Uni. Cette base de données fournit des informations sur les droits et taxes applicables aux exportations vers des partenaires commerciaux tels que les États-Unis ou la Chine. Cette mise à jour aidera les exportateurs de l'UE à faire face à la nouvelle situation à laquelle ils pourraient bientôt être confrontés.
Le commissaire a redit que les tarifs douaniers publiés par le Royaume-Uni comprennent des droits relativement élevés sur un certain nombre de produits d'origine animale tels que le bœuf, la volaille, la viande de porc et le fromage, ainsi que sur des produits tels que le sucre et le riz. Il est clair qu'un certain nombre d'États membres supporteront le fardeau de ces tarifs proposés en raison de leur exposition au marché britannique pour ces produits, a conclu M. Hogan. (Lionel Changeur)