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Bulletin Quotidien Europe N° 12217
INSTITUTIONNEL / Royaume-uni

Pour Michel Barnier et les Vingt-sept, une prolongation des négociations sur le Brexit devra être « utile » et servir un vrai projet pour être acceptée

Les Vingt-sept pourront uniquement prendre une décision sur une éventuelle demande d’extension du délai de négociation prévu à l’article 50 du traité si Theresa May fait la preuve de l’« utilité » d’une telle demande et définit « un processus politique » quant à l’avenir de l'accord de retrait britannique et de la déclaration politique sur les relations bilatérales futures, les seuls textes agréés valables actuellement aux yeux des Européens. 

Ce constat est celui dressé, mardi 19 mars, par le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, à l’issue d’une réunion des ministres des Affaires européennes réunis en formation 'article 50'. Toutefois, pour Michel Barnier, il ne faut pas perdre de vue qu’une extension de la période de négociations, soumise à la décision à l'unanimité des Vingt-sept, correspond aussi à une « prolongation de l’incertitude » et cela a un « coût » tant politiquement qu’économiquement. 

Plus tôt dans la journée, les ministres avaient fait le point sur la situation, compliquée la veille au soir par la lecture du président de la Chambre des communes, John Bercow, rendant impossible un troisième vote sur l’accord de retrait avant le sommet européen du 21 mars. Une décision qui fait « qu’après hier, il y a encore moins de clarté », a commenté le ministre roumain des Affaires européennes, George Ciamba (EUROPE 12216/16). Les ministres ont aussi adopté de nouvelles mesures de préparation au scénario d’un Brexit sans accord, la préparation des Vingt-sept au « no deal » étant quasiment terminée, a même précisé le ministre. 

À leur arrivée à Bruxelles, mardi matin, les ministres français et allemand avaient déjà insisté sur la nécessaire justification d’une extension des négociations, la Française Nathalie Loiseau demandant des justifications « crédibles » et le secrétaire d’État allemand, Michael Roth, souhaitant que cette extension ne revienne pas à se perdre dans des « négociations abstraites ».

Pour Michel Barnier, il est tout à fait possible de prendre en compte certaines demandes, voire de changer encore, « dans une affaire de quelques jours », la nature de la déclaration politique (sur la future relation), si Londres venait à modifier ses lignes rouges. 

Sinon, « à quoi sert l’extension ? », a-t-il demandé. Comment s’assurer « qu’à la fin on ne se retrouve pas dans la même situation qu’aujourd’hui » ? C’est tout cela que devront étudier en fin de semaine les Vingt-sept, a insisté M. Barnier, redemandant au gouvernement et au Parlement britanniques de « décider très vite ce qu’il faut faire » et de répondre à ces questions : une extension augmente-t-elle les « chances d’une ratification du projet d’accord de retrait ? » et le temps octroyé pour l’extension servira-t-il justement à « retravailler la déclaration politique » ?

À Londres, selon les médias britanniques, le Premier ministre, Theresa May, était sur le point d’envoyer une lettre au président du Conseil européen, Donald Tusk, demandant une extension de l’article 50 ; elle pourrait, selon ces mêmes médias, demander à la fois une extension jusqu’au 30 juin avec une possible option de prolonger de manière plus longue, même si le porte-parole du gouvernement n’avait pas confirmé la durée envisagée. La lettre arrivera avant le Conseil européen qui démarre jeudi 21 mars, mais là encore, le gouvernement britannique ne précisait pas s’il s’agira de mardi soir, mercredi ou jeudi matin. (Solenn Paulic)

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