Le commissaire européen aux Négociations d’adhésion, Johannes Hahn, a mis en garde, mardi 19 mars, les partis politiques de Macédoine du Nord, contre un boycott des élections présidentielles prévues pour avril et mai prochains.
Selon lui, l’ouverture des négociations d’adhésion, en juin prochain, « pourra seulement être atteinte si c’est un objectif national de tous les partis - ce qui inclut aussi une participation aux élections, les prochaines étant les présidentielles -, de tout un chacun », a-t-il expliqué à l’issue du 15e Conseil de stabilisation et d’association UE-Macédoine du Nord. « Chaque parti devrait faire de son mieux pour montrer sa maturité démocratique », a-t-il ajouté. Le commissaire a prévenu qu’il était de la responsabilité de tous « de contribuer [à l'objectif européen] et de ne pas le mettre en danger au dernier moment ».
Pour la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, les élections présidentielles ne doivent pas être un obstacle aux réformes, mais une occasion de débattre du présent et de l’avenir du pays. Elle a appelé à ce que les élections soient bien administrées et que la concurrence politique se déroule dans le cadre institutionnel fourni par les élections.
Mme Mogherini et M. Hahn ont salué l’accord de Prespa et les efforts réalisés en termes de réformes. La première a qualifié d’« assez remarquable » le fait que le pays ait été capable à la fois de négocier cet accord qui avait demandé « de l’énergie politique » et la poursuite des réformes. « Je suis impressionnée par la dynamique des réformes dans le pays » et par l’approche institutionnelle du gouvernement, a-t-elle ajouté. Des réformes qui doivent être poursuivies, précisent Mme Mogherini et M. Hahn. Ce dernier a insisté sur la réforme de la justice, une tolérance zéro à la corruption, la lutte contre la criminalité organisée, la réforme des services de renseignement ou encore des nominations dans l’administration fondées sur le mérite. « Il est important de montrer la détermination [aux réformes] dans le pays pour les derniers kilomètres avant juin », a-t-il prévenu.
Les avancées des derniers mois pèseront dans la balance pour un accord des États membres sur l’ouverture des négociations d’adhésion, attendu pour juin. « Je pense qu’il est réaliste de s’attendre à une décision positive du Conseil européen en juin 2019 de manière à pouvoir entamer les négociations d’adhésion », a estimé le Premier ministre macédonien, Zoran Zaev. Il a promis que Skopje allait intensifier les efforts pour essayer d’influer de manière positive sur la décision de juin. Certains États membres, notamment la France, semblent toujours opposés à cette ouverture. (Camille-Cerise Gessant)