Une étude publiée jeudi 7 mars à la demande de l’ONG Our Fish vise à démontrer que les systèmes de caméras à bord des navires permettent de mettre un terme à la pratique des rejets en mer de poissons, sans porter atteinte à la vie privée des pêcheurs et sans violer les règles en matière de protection des données.
Cette étude vient confirmer les intentions de la Commission européenne. Dans le cadre de la révision des règles en matière de contrôles des activités de pêche, la Commission propose, pour permettre un contrôle adéquat de l’obligation de débarquement, d’équiper, « sur la base d’une évaluation des risques, un certain pourcentage de navires de pêche de dispositifs d’enregistrement continu, notamment la surveillance par télévision en circuit fermé (CCTV) ». Or, à ce stade, les députés de la commission de la pêche du PE sont plutôt contre ce dispositif, pour des raisons de protection des données et de la vie privée (EUROPE 12198/12).
Les auteurs de l’étude estiment que, même s'il existe des préoccupations légitimes concernant l’utilisation des caméras à bord, « elles ne doivent pas servir d’excuse pour ne pas agir ».
« La surveillance vidéo à bord des navires de pêche peut permettre de protéger la vie privée tout en mettant fin à la pratique des rejets », a déclaré Rebecca Hubbard, directrice du programme chez Our Fish.
L’étude fournit des idées pour contourner les problèmes éventuels dans l'utilisation de la CCTV : - une surveillance temporaire par la CCTV, lorsqu'il existe des raisons de suspecter le non-respect des règles sur l’obligation de débarquement ; - une surveillance limitée au processus technique, sans rendre les individus identifiables ; - une 'pixellisation' des personnes enregistrées de manière à rendre l'identification impossible ; - une surveillance à certaines étapes (débarquement, tri et transformation du produit). (Lionel Changeur)