Les pays participants au groupe de contact international sur la crise vénézuélienne se sont engagés, jeudi 7 février à Montevideo, à mobiliser davantage d'aide humanitaire en faveur des Vénézuéliens, la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, demandant que la distribution de cette aide ne soit pas politisée.
« Il est nécessaire d'acheminer l'aide humanitaire de façon impartiale et indépendante afin que celle-ci ne soit pas politisée », a déclaré Mme Mogherini à l'issue de la réunion inaugurale du groupe de contact qu'elle copréside avec le ministre uruguayen des Affaires étrangères, Rodolfo Nin Novoa.
L'Union européenne, qui a déjà mobilisé 60 millions d'euros d'aide humanitaire pour la population vénézuélienne au Venezuela ou réfugiée dans les pays voisins, souhaite ouvrir un bureau de liaison à Caracas.
L'acheminement de l'aide humanitaire est un enjeu politique dans un pays aux graves pénuries d'approvisionnement et sa maîtrise peut donner un avantage politique tant au régime Maduro qu'à l'opposition politique personnifiée par Juan Guaidó, président de l'Assemblée nationale, qui s'est autoproclamé président par intérim du Venezuela (EUROPE 12187, 12186).
Dans leur déclaration commune, que la Bolivie n'a pas soutenue, les pays du groupe de contact international se fixent l'objectif de favoriser « une solution pacifique, politique, démocratique et proprement vénézuélienne » à la crise actuelle.
Selon eux, cette solution doit passer par la tenue de nouvelles élections présidentielles libres, en conformité avec les principes de la Constitution vénézuélienne. Elle requiert le rétablissement de l'État de droit dans le pays via la libération des prisonniers politiques, la libre participation au processus électoral, le respect du rôle de l'Assemblée nationale ainsi qu'une composition équilibrée de la Commission électorale.
Le groupe de contact, qui se réunira à nouveau au niveau ministériel début mars, se donne 90 jours pour obtenir des résultats. Mais, comme l'a dit Mme Mogherini, sa durée de vie pourrait être plus courte ou plus longue en fonction de l'évolution de la situation sur le terrain.
D'autres instances informelles de dialogue diplomatique - groupe de Lima, initiative de Montevideo - s'activent pour trouver une solution à la crise vénézuélienne. Pour Mme Mogherini, ces initiatives ne sont « pas incompatibles » entre elles. (Mathieu Bion)