La porte-parole du Service européen pour l’action extérieure, Maja Kocijancic, a appelé l’Ukraine à respecter les règles en usage concernant l’observation des élections par l’OSCE/BIDDH, vendredi 8 février.
La veille, le Parlement ukrainien avait adopté un projet de loi interdisant aux citoyens russes de venir dans le pays en tant qu'observateurs aux élections présidentielles et législatives. Ces élections sont respectivement prévues pour le 31 mars et le 27 octobre.
« L’UE attache une très grande importance à l'observation des élections menée par l'OSCE/BIDDH et nous pensons que l'Ukraine devrait veiller à ce que le BIDDH soit en mesure de mener son observation électorale en Ukraine conformément à la pratique habituelle », a expliqué Mme Kocijancic. Elle n’a cependant pas caché que le pays faisait face à des défis « bien connus » en matière de sécurité depuis 2014 et que l’UE soutenait l'indépendance, la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine à l'intérieur de ses frontières internationalement reconnues.
Par ailleurs, 18 États membres ont souligné, dans un document informel préparé en vue de la discussion sur l’Ukraine prévue lors du Conseil 'Affaires étrangères' du 18 février, que l’UE devait être prête à agir au cas où la Russie tenterait de saper les élections.
Selon Radio Free Europe, qui a vu le document, l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Croatie, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, l’Irlande, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la République tchèque, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Slovaquie, la Slovénie et la Suède estiment que les prochaines élections seront « un test pour l'Ukraine : sa démocratie, ses réformes, sa résilience et son orientation. Il demeure dans l'intérêt de l'UE de maintenir l'Ukraine sur la voie des réformes européennes et de continuer à lui apporter son soutien ».
Le document explique notamment que « l'environnement de la campagne est difficile et que la résilience de l'Ukraine sera essentielle en cas d'ingérence russe ». Selon les 18, la Russie devrait « chercher à influencer les élections en soutenant ses candidats préférés et en menant des cyberattaques et des campagnes de désinformation ». Ils appellent donc à des mesures pour contrer le « faux discours russe sur l'Ukraine en tant qu'État en déliquescence ».
Les signataires exhortent aussi le gouvernement ukrainien à protéger la société civile et à garantir un « paysage médiatique pluraliste, indépendant et accessible ». (Camille-Cerise Gessant)