Face aux députés de la commission ‘Affaires économiques et monétaires’ du Parlement européen, lundi 28 janvier, Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), a plaidé pour un approfondissement de l’Union économique et monétaire (UEM) et s’est prononcé en faveur des réformes aujourd’hui envisagées.
Cet échange avec les députés avait lieu à l’occasion des vingt ans de l’entrée en vigueur de la monnaie unique (EUROPE 12165).
M. Draghi a donc tout naturellement évoqué ces deux décennies de l’euro. « Les deux décennies durant lesquelles l’euro a existé ont été exceptionnelles », a-t-il ainsi affirmé, tout en tenant à différencier ces deux décennies. Ainsi, la première a été marquée par la « culmination d’une période de trente années de stabilité macroéconomique », quand la seconde s’est caractérisée par « la pire crise économique et financière depuis la Grande dépression », ce qui a nécessité le déploiement de nouveaux instruments pour contrer cette crise.
Il a également repris la rhétorique utilisée dernièrement par la Commission européenne concernant à la fois les bonnes nouvelles au volet économique, et les risques et incertitudes qui les accompagnent (EUROPE 12142).
Tout en soulignant le rôle international de l’euro, M. Draghi note que celui-ci « semble s’être graduellement érodé ». Il a pris note à ce titre de la communication de la Commission en la matière (EUROPE 12153), soutenue par les chefs d’État ou de gouvernement lors du sommet de la zone euro de décembre dernier (EUROPE 12160).
Afin de répondre aux défis actuels, le président de la BCE souhaite donc que l’UEM soit approfondie, faisant écho aux travaux en cours à l’Eurogroupe et au PE (EUROPE 12177, 12148). Cela passe notamment, pour lui, par la mise sur pied d’une « véritable Union des marchés de capitaux » ou d’« une Union bancaire complète ».
Mais ces instruments seuls seraient insuffisants et M. Draghi voit d’un bon œil les travaux sur un instrument pour la convergence et la compétitivité dans la zone euro. « Achever ces réformes n’est ni idéaliste ni utopiste si nous travaillons ensemble », a-t-il ainsi affirmé, en plaidant pour le besoin de traduire les engagements pris au sommet de la zone euro en « actions politiques concrètes ». (Lucas Tripoteau)