Les ministres de l’Agriculture des pays de l’Union européenne se sont montrés divisés, lundi 28 janvier à Bruxelles, sur un assouplissement des règles sur les variétés de vins pouvant être utilisées après 2020.
Les pays producteurs de vins s'opposent à ce que propose la Commission en ce qui concerne le volet ‘vin’ de la proposition sur le règlement concernant l'organisation commune de marché (OCM). La proposition sur l'OCM fait partie des propositions sur la Politique agricole commune (PAC) post-2020 (voir autres nouvelles).
La Commission propose de permettre aux États membres et au secteur vitivinicole d'utiliser : - des variétés appartenant à l'espèce Vitis labrusca ; - les variétés Noah, Othello, Isabelle, Jacquez, Clinton et Herbemont, qui sont interdites ; - les variétés hybrides interespèces de Vitis vinifera avec d'autres espèces de Vitis dans les appellations d'origine protégées (AOP), comme c'est déjà le cas pour les indications géographiques protégées (IGP).
Lors du Conseil Agriculture de lundi, la Hongrie a présenté un document signé par douze pays représentant 90 % de la production de vin dans l’UE (Hongrie, Croatie, France, Espagne, Italie, Portugal, Bulgarie, Malte, Chypre, Slovaquie, Slovénie, Grèce) qui sont opposés aux propositions de la Commission sur le vin. Ces pays sont contre l'autorisation d'utiliser six variétés interdites et les variétés appartenant à l'espèce Vitis labrusca pour des raisons de notoriété et de qualité des vins européens.
L’Italie a notamment souligné que la qualité de ces variétés était très négative et la France a estimé que la Commission n’avait pas évalué les effets de la levée de l’interdiction. L’Allemagne, l’Autriche et la République tchèque ont aussi demandé de maintenir le statu quo sur les variétés actuellement interdites.
Parmi les pays favorables à la proposition, donc à l’utilisation des variétés Vitis labrusca et des six variétés interdites, figurent l’Estonie, le Luxembourg, la Finlande, le Danemark, la Suède et la Belgique.
Sur la question des variétés hybrides, les pays de l’UE sont plus ouverts (République tchèque, Allemagne, Portugal, Bulgarie, Slovénie, Danemark, Luxembourg, Finlande, Suède, Slovaquie, Pays-Bas, Belgique). Le commissaire Phil Hogan a déclaré, après le débat : « On va réfléchir à tout cela », en soulignant qu’une possibilité pourrait être de laisser les États membres décider sur ces sujets. (Lionel Changeur)