Une délégation d’eurodéputés en mission au Nicaragua a exhorté le président du pays, Daniel Ortega, samedi 26 janvier, à reprendre le dialogue avec l’opposition afin de mettre fin à la crise politique.
Ayant débuté mercredi 23 janvier, cette mission de onze députés européens au Nicaragua menée par Ramón Jáuregui (S&D, espagnol) avait pour rôle d’évaluer la crise politique et sociale sur le terrain, ainsi que de promouvoir l’établissement d’un dialogue visant à rétablir l’ordre démocratique dans le pays.
Durant leur visite, les députés ont multiplié les rencontres, s’entretenant aussi bien avec le président Ortega qu’avec des membres des partis d’opposition. Ils ont également rencontré des représentants de la société civile, des autorités ecclésiastiques et des médias, ainsi que des étudiants et des prisonniers politiques tels que l'étudiante belgo-nicaraguayenne, Amaya Coppens.
En plus d’appeler à une reprise du dialogue avec l’opposition, la délégation a exhorté M. Ortega à libérer les prisonniers politiques et à permettre le retour des groupes de défense des droits de l’homme bannis du pays.
Devant la presse, M. Jáuregui a déclaré que la délégation ne croyait pas à la thèse d’un coup d’État, avancée par le gouvernement Ortega, pour justifier les mesures répressives. En outre, pour la délégation, la répression menée par les autorités envers la population, qui demande plus de liberté et de démocratie, a été « excessive ».
La délégation a annoncé qu’elle demanderait au Parlement européen d’émettre une nouvelle résolution sur la situation au Nicaragua, faisant suite à celle publiée le 31 mai 2018 dénonçant le déclin de la démocratie et de l’État de droit dans le pays, ainsi que l’augmentation de la corruption, et qui demandait à l’Union européenne d’évaluer les mesures possibles.
Lundi 21 janvier, les ministres européens des Affaires étrangères avaient ainsi prévenu Managua que l’Union européenne était « prête à recourir à tous les moyens d’action dont elle dispose » pour contribuer à un règlement pacifique de la crise politique au Nicaragua et pour « répondre à de nouvelles détériorations des droits de l’homme et de l’État de droit » (EUROPE 12176).
Démarrées il y a plusieurs mois en réaction à un projet de réforme de la sécurité sociale - aujourd’hui abandonné -, les manifestations se sont rapidement transformées en une large protestation réclamant le départ du président Ortega. Sévèrement réprimées par les autorités du pays, elles auraient conduit au décès de plus de 300 personnes et à l’incarcération de plus de 500 manifestants, selon le centre nicaraguayen des droits de l’homme (EUROPE 12063). (Damien Genicot - stage)