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Bulletin Quotidien Europe N° 12181
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ACTION EXTÉRIEURE / Onu

Les Européens du Conseil de sécurité plaident pour une coopération renforcée

Les cinq États membres de l’UE actuellement membres du Conseil de sécurité des Nations Unies (UNSC) – Allemagne, Belgique, Pologne, en plus des deux membres permanents, France et Royaume-Uni – et la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, ont souligné, lundi 28 janvier, l’importance de leur coopération dans le cadre de l’ONU. 

« Nous avons une responsabilité spéciale […] de coordonner les positions, d’apporter au Conseil de sécurité les vues européennes sur la paix et la sécurité et notre fort soutien au système onusien, au multilatéralisme, à la prévention des conflits, au maintien de la paix, à la démocratie, aux droits de l’homme... », a souligné Mme Mogherini, à l’issue d’une réunion des États de l'UE siégeant au UNSC, organisée par la Belgique. 

La Haute Représentante a insisté sur la nécessité de coordonner les positions européennes, rappelant que, sur la période 2018-2020, cinq États membres avaient un siège à l’UNSC, soit un tiers des membres de ce Conseil. Des sièges utilisés par les États membres comme un siège européen, a-t-elle estimé. 

Selon Mme Mogherini, les Européens parlent de plus en plus d’une seule voix ou de manière coordonnée. Dernier exemple en date : la prise de parole du secrétaire d'État britannique, Jeremy Hunt, le 26 janvier, sur la position de l’UE sur le Venezuela, en présence de tous les représentants permanents des États membres de l'UE au Conseil de sécurité. 

La Haute Représentante a ajouté que l’unité des États membres avait un impact sur leur capacité à coordonner leur position avec d’autres pays. « La coopération doit aller au-delà de l’UE et être régionale, si on veut avoir la majorité », a confirmé le chef de la diplomatie allemande, Heiko Mass.

Tous les représentants des États membres ont insisté sur la nécessité de poursuivre le travail de coopération. « Nous tentons de renforcer l’action en faveur du multilatéralisme. Si on peut le faire ensemble, c’est encore mieux », a résumé le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders. 

Selon le secrétaire d’État français, Jean-Baptiste Lemoyne, Mme Mogherini se rendrait, sous présidence française de l’UNSC en mars, à New York pour « exposer les actions conduites par l’UE ». Les ambassadeurs des États membres du Conseil de sécurité devraient, eux, se rendre en mars à Bruxelles. 

En parallèle, le représentant de l’UE auprès de l’ONU, João Vale de Almeida, a estimé, devant la commission des Affaires étrangères du PE, que la coopération s’était accrue. « Nous sommes unis, nous votons de la même manière dans 93/95 % des cas. Il y a une convergence depuis quelques années, on a nos différends, mais on est capable de s’organiser et d’avoir des positions communes », a-t-il expliqué. M. Vale de Almeida a précisé que la coordination n’avait pas seulement lieu entre les 5 membres de l’UE/UNSC, mais aussi avec les membres européens qui viennent d’y siéger, soit 8 États membres au total (les 5, plus l’Italie, les Pays-Bas et la Suède). « Ils disent à peu près la même chose avec des nuances, montrent des positions communes. Nous comptons lorsque nous sommes unis, pas autant quand nous sommes désunis », a-t-il ajouté. 

Mais M. Vale de Almeida n’a pas non plus nié les désaccords concernant la réforme de l’ONU, en particulier l’organisation de l’UNSC. « Les États membres ne sont pas sur la même longueur d’onde concernant la réforme du Conseil de sécurité. Il y a des concepts et des intérêts différents », a-t-il reconnu. (Camille-Cerise Gessant)

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