Lundi 17 décembre, l'Union européenne a demandé à Séoul des consultations formelles à propos de la mise en œuvre des engagements coréens en matière de développement durable, tels qu’énoncés dans l'accord de libre-échange UE-Corée du Sud. C’est la première fois que la Commission européenne active ce mécanisme de consultation, prévu dans ses chapitres sur le développement durable de ses accords dits 'de nouvelle génération'.
Cet accord commercial est en vigueur depuis huit ans, sans pour autant qu'aucun progrès significatif n'ait été engrangé par Séoul sur le respect des principes fondamentaux de la liberté syndicale et du droit de négociation collective de l'Organisation internationale du travail (OIT). L’UE attend aussi de la Corée du Sud qu’elle ratifie quatre conventions fondamentales de l'OIT sur la liberté syndicale, le droit de négociation collective et le travail forcé.
Sous pression, en vue de prouver l'efficacité des chapitres sur le développement durable dans ses accords commerciaux, la Commission avait mis sur la table, en février dernier, un plan en 15 points (EUROPE 11971).
Cecilia Malmström, commissaire européenne chargée du Commerce, a déclaré dans un communiqué : « Dans le cadre de cet accord, les deux parties ont pris des engagements en matière de droits des travailleurs, mais les actions entreprises par le gouvernement coréen pour mettre en œuvre cette dimension n’ont pas été suffisantes. Nous avons le devoir de respecter l'esprit et la lettre de nos accords. » Dans ce même communiqué, la Commission souligne toutefois que ces consultations doivent permettre de « trouver une solution à l’amiable et mutuellement satisfaisante » pour les deux parties.
Le Parlement européen a régulièrement appelé les autorités coréennes à accomplir ces réformes (EUROPE 12160, 11943, 11791).
Pour le député S&D Bernd Lange (allemand), président de la commission du commerce du Parlement européen, ces consultations arrivent bien tardivement : « Pendant des années, la Commission européenne a trop peu fait pour répondre aux griefs sur la Corée. Je soutiens cette étape importante, mais je dois également dire que c'est déjà trop tard », a-t-il déclaré à EUROPE. « Il appartient maintenant à la Commission de prouver que son approche, basée sur le dialogue, offre la bonne voie à suivre et peut effectivement produire des résultats. »
Lien vers la demande de consultation : https://bit.ly/2GpPtfW. (Hermine Donceel)