Le 3e Conseil de stabilisation et d’association (ASA) entre l’UE et le Kosovo, réuni lundi 17 décembre à Bruxelles, a été marqué par les tensions. Preuve en est la publication d’une déclaration de l’UE, à la place d’une déclaration commune, et l'annulation de la conférence de presse, initialement prévue, « d’un commun accord », selon des sources européennes.
Dans sa déclaration, l’UE précise avoir insisté pendant la réunion pour que les « augmentations tarifaires unilatérales » sur les importations en provenance de Serbie et de Bosnie-Herzégovine et l'imposition de barrières non tarifaires soient « immédiatement levées » (EUROPE 12143).
« L'introduction de ces droits de douane nuit aux intérêts économiques du Kosovo et de sa population, réduisant les flux commerciaux et diminuant l'attrait du Kosovo en tant que lieu d'investissement et de commerce », estime l’UE. Avant d’ajouter : « Tout obstacle au commerce devrait être résolu, dans le cadre des instances et mécanismes appropriés avec la participation constructive de toutes les parties concernées, dans un esprit de coopération régionale et de relations de bon voisinage. »
La déclaration souligne aussi l'importance de la poursuite et de la mise en œuvre effective de l'ASA, ainsi que des obligations contractuelles, « notamment dans le domaine du commerce et des douanes ».
À l’inverse, si la porte-parole du Service européen pour l’action extérieure s’était inquiétée, le 14 décembre, de la création d’une armée au Kosovo, la déclaration n’y fait pas référence (EUROPE 12160). Seul est précisé que les « principaux développements récents » concernant le respect des critères politiques, l'état d'avancement des critères économiques, de la coopération financière et de la mise en œuvre de l'ASA avaient été examinés lors du Conseil.
Et si l'UE rappelle l'importance de l'engagement continu du Kosovo dans le dialogue entre Pristina et Belgrade, elle prévient également que « tous les accords de dialogue convenus [devaient] déjà être pleinement mis en œuvre sans plus attendre, en particulier l'accord de 2015 sur l'association/communauté des municipalités à majorité serbe ».
La libéralisation des visas pour les Kosovars a aussi été abordée. Si, pour les Kosovars, il est injuste qu’ils soient les seuls citoyens de la région à ne pas en bénéficier, aucun accord n’a encore été obtenu au Conseil sur cette question. Et cela pourrait prendre du temps, selon une source européenne. (Camille-Cerise Gessant)