La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a exhorté, samedi 15 décembre, les autorités turques à s'abstenir de toute action unilatérale susceptible de saper les efforts de la coalition contre Daesh ou d'accroître l'instabilité en Syrie.
La veille, le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, avait averti que l'armée turque entrerait dans Manbij (nord-est de la Syrie) si les États-Unis n'obtenaient pas le retrait des miliciens kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), soutenus par Washington, mais qu’Ankara considère comme des terroristes. Mme Mogherini a qualifié cette annonce de source de préoccupation.
Elle a donc estimé que la mise en œuvre rapide de la feuille de route convenue entre la Turquie et les États-Unis sur Manbij était « essentielle ». « Un résultat mutuellement acceptable dans le nord de la Syrie devrait répondre aux préoccupations de la Turquie en matière de sécurité sans entraver la campagne contre Daesh », a-t-elle expliqué.
« Alors que la lutte contre Daesh entre dans sa phase finale, toutes les parties doivent s'efforcer d'atteindre l'objectif de sa défaite prochaine, qui demeure un objectif indispensable pour toute solution durable à la crise syrienne », a ajouté la Haute Représentante dans sa déclaration, rappelant qu'en tant que pays garant du processus d'Astana, la Turquie avait une responsabilité particulière. (Camille-Cerise Gessant)