Le candidat désigné tête de liste du Parti socialiste européen, Frans Timmermans, entend parler au cœur des citoyens pour obtenir leur soutien lors des élections européennes de mai 2019. Il répondait aux questions de quelques journalistes, dont EUROPE, en marge du congrès annuel du PSE à Lisbonne. (propos recueillis par Sophie Petitjean)
Agence Europe - Les efforts que vous déployez seront-ils suffisants pour lutter contre le recul de la sociale-démocratie en Europe ?
Frans Timmermans - On verra. En tout cas, ça ne dépendra pas de la qualité de nos projets qui sont excellents. Maintenant, il faut toucher le cœur des gens : on est très bons avec les cerveaux, mais il faut aussi être bons pour toucher au cœur.
Alors il faut communiquer plus, oui. Mais ce n'est pas seulement ça : il faut aussi démontrer très concrètement que nous avons entendu le désespoir de nombreux citoyens. Beaucoup de gens sont inquiets pour leur travail et l'avenir de leurs enfants.
Si nous sommes capables de montrer qu'on a un projet pour l'Europe qui va à la rencontre des espoirs des gens, je sais qu'on peut aussi avoir une position électorale très forte.
Un rapprochement avec le projet européen du président français Emmanuel Macron est-il possible ? L'abandon par votre mouvement du terme 'social-démocrate' est-il envisageable ?
Pour nous ce qui compte, c'est de faire une campagne européenne convaincante, c'est d'avoir le soutien des citoyens. Et après, on verra.
C'est après les élections qu'on parle avec tous ceux qui partagent notre idée d'une Europe solidaire, unie. Mais pas avant les élections.
On n'a rien à dire si on ne ressort pas assez forts des élections. Donc, mon devoir, c'est de faire une campagne électorale qui convainque les citoyens partout en Europe que cela vaut la peine de voter socialiste.
Quant à votre autre question, pourquoi abandonnerait-on le terme démocrate ? Non.
Avez-vous rencontré le chef des travaillistes britanniques, Jeremy Corbyn ? Pensez-vous que sa présence ici serve le Parti socialiste européen ?
Oui, je l'ai rencontré, j'ai longuement parlé avec lui. Nous partageons beaucoup d'idées sur la solidarité, sur l'Europe sociale, sur la nécessité de donner de l'espoir aux gens qui, aujourd'hui, en ont très peu ou pas du tout.
Sur le Brexit et ce qui va se passer au Royaume-Uni, j'ai vu l'opinion qu'il a publiée hier dans The Guardian : il veut une union douanière, une certaine vision du marché unique. On verra ce que ça donnera.
Moi j'ai dit clairement que je suis de ceux qui croient que le Brexit est une décision horrible et très décevante. C'est la pire des choses qui me soient arrivées depuis que je suis engagé en politique.
Et moi, j'espère toujours que le Royaume-Uni restera au sein de l'UE (voir autre nouvelle).
J'ai demandé à M. Corbyn de m'expliquer le chaos à Londres. Mais c'est très difficile pour lui aussi, car le chaos se trouve surtout au sein du parti conservateur.