login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12153
INSTITUTIONNEL / Ro2019eu

Le Premier ministre roumain promet une Présidence du Conseil de l’UE ambitieuse et réaliste

Le Premier ministre roumain, Viorica Dăncilă, a promis, mercredi 5 décembre, que la Présidence du Conseil de l’UE de son pays, qui commencera le 1er janvier prochain, sera ambitieuse tout en étant réaliste. 

« Nous voulons une Présidence ambitieuse et réaliste », a-t-elle expliqué, ajoutant que son pays voulait finaliser autant de dossiers que possible. 257 dossiers législatifs sont toujours en cours. Mme Dăncilă a estimé qu’il fallait tout au moins arriver à un accord politique sur le cadre financier pluriannuel 2021-2027.

La tâche sera rude pour la Présidence. Celle-ci aura « des devoirs d’une extraordinaire difficulté, car nous devrons nous mettre d’accord sur notre voie vers le sommet européen de Sibiu (prévu le 9 mai 2019), sur les lignes de base du futur accord financier pluriannuel ; il reste sur la table du colégislateur 257 propositions », a énuméré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. « La Présidence aura du travail à faire sur une courte période, car le Parlement européen va cesser ses activités en avril », a-t-il rappelé, concluant donc qu’il restait « 4 mois utiles », pour avancer. Selon lui, la Roumanie devra gérer l’après-Brexit, qui interviendra pendant sa Présidence. 

Devant la presse, le Premier ministre a fait part des ambitions de son pays, mais n’a pas précisé les thèmes prioritaires de la Présidence. Ils sont au nombre de quatre : (1) la convergence de l’Europe, par la croissance, la cohésion, la compétitivité et la connectivité ; (2) une Europe plus sûre, que ce soit en termes de sécurité intérieure, de numérique ou de l’espace de liberté, de sécurité et de justice ; (3) une Europe actrice mondiale plus forte ; (4) l’Europe des valeurs communes. 

Et c’est là que le bât blesse. Le Parlement européen et la Commission européenne s’inquiètent de réformes en cours dans le pays qui pourraient affaiblir le système judiciaire et la lutte contre la corruption (EUROPE 12109). Des accusations que Mme Dăncilă a réfutées : « l’État de droit est respecté en Roumanie et tous les efforts sont faits pour garantir l'indépendance du système judiciaire », a-t-elle estimé, souhaitant que son pays ne soit pas associé à la Pologne et la Hongrie.

« Nous sommes convaincus que l’État de droit règne en Roumanie, je ne vois aucun problème à ce que nous soyons à la Présidence de l’UE, nous respectons l’État de droit, nous avons pris des mesures importantes pour garantir l'indépendance du système judiciaire », a-t-elle insisté. 

M. Juncker s’est, lui, montré plus modéré : « il y a des divergences de temps à autre sur l’État de droit », a-t-il reconnu, tout en estimant qu’il s’agissait d’une question bilatérale et non concernant la Présidence du Conseil de l'UE. Pourtant, « plus la Roumanie fera de progrès en matière de respect de l'État de droit et de lutte contre la corruption, plus aisée sera sa Présidence », a-t-il prévenu. 

Par ailleurs, alors que Bucarest plaide pour son entrée dans l’espace Schengen, M. Juncker a estimé qu’un accord pour une telle entrée pourrait intervenir avant la fin de sa présidence à la tête de la Commission, en novembre 2019. « Je reste persuadé qu’avant la fin du mandat de la Commission, nous arriverons à accepter la Roumanie comme un nouveau membre de l’espace Schengen », a-t-il souligné, tout en rappelant que des efforts restaient à accomplir. (Camille-Cerise Gessant)

Sommaire

INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
SÉCURITÉ - DÉFENSE
ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
SOCIAL
BRÈVES