Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a estimé, mercredi 5 décembre, que la décision du Kosovo de transformer ses forces de sécurité (KSF) en une armée était « une décision inopportune » (ill-timed decision) et « un facteur de complication » dans le dialogue entre Belgrade et Pristina.
Devant la presse, à l'issue de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'OTAN, il a rappelé qu’un changement dans le mandat des forces devait se faire en accord avec la Constitution, s’inquiétant du fait que cette modification se fasse sans un processus inclusif.
La création d’une armée nationale exigerait une modification de la Constitution, ce qui nécessiterait l’appui de la minorité serbe. Pour éviter le changement de Constitution, le gouvernement kosovar veut renforcer le mandat des KSF, peu armés, pour en faire une armée. Une transformation qui a été approuvée par le parlement kosovar le 11 octobre dernier et qui devrait être opérée dans les 10 ans.
M. Stoltenberg a rappelé que l’OTAN soutenait les forces de sécurité kosovares (KSF) sous leur mandat actuel. Il a donc prévenu que, si le mandat des KSF évoluait, le Conseil nord-atlantique devrait « réexaminer le niveau d’engagement de l’OTAN », précisant que le type de conséquences que cela pourrait engendrer devrait être décidé par l’Alliance.
L’OTAN, dans le cadre de la KFOR, qui compte actuellement environ 4 000 hommes, a contribué à la création des forces de sécurité kosovares. Le secrétaire général de l’Alliance n’a pas pour autant remis en cause la présence de la KFOR dans le pays : « L'OTAN continuera d'être présente au Kosovo - notre opération de la KFOR y est importante pour la stabilité et continuera d'être impartiale, contribuant ainsi à assurer la stabilité et la sécurité nécessaires pour faire progresser les efforts politiques visant à trouver une solution politique négociée. »
Plus généralement, M. Stoltenberg a appelé le Kosovo, mais aussi la Serbie, à réduire les tensions et à s’abstenir de discours provocateurs ou d’actions provocatrices. Il a aussi rappelé le soutien de l’Alliance au dialogue entre Pristina et Belgrade, facilité par l'UE, « car c'est le seul moyen de résoudre les questions en suspens ». Il n’a pas souhaité se prononcer sur un « ajustement » éventuel de frontières, précisant seulement que les deux parties devaient trouver une solution acceptable pour elles deux. (Camille-Cerise Gessant)