Les présidents de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et du Conseil européen, Donald Tusk, ont rencontré le président coréen, Moon Jae-in, vendredi 19 octobre, lors d’un sommet qui marquait le 55e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux partenaires.
La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, participait également à ce sommet, aux côtés de plusieurs ministres coréens.
Les participants ont déclaré que ce sommet ouvre la voie à une mise en œuvre accrue des relations bilatérales.
Le clou de la relation entre les deux partenaires est un accord de libre-échange. Ce traité, qui a célébré ses sept ans en juillet dernier, a largement fait ses preuves, d'après les deux parties.
Cependant, des développements technologiques et économiques ont rendu obsolètes certains aspects de cet accord dit de « nouvelle génération », note un rapport de la Chambre de commerce en Corée (ECCK). Et de citer l'exigence de transport direct dans le protocole sur les règles d’origine de l’accord, l'exclusion des tracteurs routiers ('truck tractors') de la liste bénéficiant de l’équivalence des normes, l’absence de dispositions sur les marchandises réparées, et la mise en place d'un système d'exportateur agréé, éléments devenus aujourd’hui « des obstacles au commerce » et rendant « urgente » sa modernisation, conclut le rapport.
Coréens et Européens n’ont toutefois pas encore arrêté les modalités de cette révision. Les parties ont l’option soit de renforcer la mise en œuvre de l’accord afin de s’attaquer à ces points de friction, soit de rouvrir l’accord, chose qui impliquerait une nouvelle négociation sur base d’un nouveau mandat.
Si la Commission demande et obtient des États membres un nouveau mandat de négociations, les négociateurs devront aussi s’accorder pour intégrer de nouvelles dispositions concernant la protection des investissements. L'UE attendra de Séoul qu’elle s’aligne sur les exigences européennes de système de tribunal des investissements ('investment court system').
« En 2011, l'UE a conclu son premier accord de libre-échange avec un pays asiatique. Ce pays était la République de Corée », a déclaré M. Juncker à l’issue du sommet. Et d'ajouter : « Les bénéficiaires de cet accord ont été nos citoyens et nos entreprises, mais si nous voulons que notre relation commerciale atteigne tout son potentiel, nous devons nous assurer qu'il est mis en œuvre correctement », a-t-il ajouté. (Hermine Donceel)