Majid Takht-Ravanchi, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères pour les affaires européennes et américaines a exhorté, mercredi 10 octobre, les Européens à passer de la parole aux actes pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien.
« Il est temps que la volonté politique soit traduite en résultats tangibles et concrets », a-t-il plaidé lors d’une audition conjointe des commissions 'affaires étrangères' et 'commerce international' du Parlement européen. « Ce que les Européens souhaitent nous offrir, il est temps de le faire, car bientôt il sera trop tard », a-t-il insisté.
Selon lui, « le temps presse et nous devons savoir exactement quelles seront les pertes qui vont découler de l’approche étasunienne et comment elles seront compensées ». Il a ajouté que l’avenir de son pays dépendait de ce qu’allait décider l’UE, qui « doit trouver un système détaillé et complet pour sauver l’accord ».
Comme d’autres politiques iraniens l’ont fait avant lui, M. Takht-Ravanchi a estimé qu’il était « essentiel » que le fonds commun de créances ('special purpose vehicle' ou SPV) soit en place pour le 4 novembre et la réintroduction de sanctions américaines sur les secteurs bancaires et énergétiques (EUROPE 12103). « La liberté des opérateurs économiques de commercer avec l’Iran doit être protégée, cela doit pouvoir permettre la vente de pétrole et gaz iranien et le transfert des recettes de cette vente », a-t-il expliqué. Toutefois, selon une source européenne, plusieurs solutions techniques sont à l’étude et cela pourrait prendre plusieurs semaines de travail avant d’arriver au produit final.
Par ailleurs, le dirigeant iranien a dénoncé la suprématie du dollar américain dans les échanges internationaux. « Les États-Unis utilisent le dollar comme une arme de guerre de dimension titanesque », a-t-il estimé, alors que, selon la députée européenne Tokia Saïfi (PPE, française), l’utilisation de l’« euro pour les transactions internationales parait être une évidence et il faut renforcer sa place sur les marchés ».
Certains députés ont menacé les États-Unis de représailles. Pour Eleonora Forenza (GUE/NGL, italienne), « on devrait sanctionner des entreprises américaines qui agissent en Europe pour faire comprendre aux Américains que l’on ne subira pas en silence des actes qui mettent en danger nos entreprises ». (Camille-Cerise Gessant)