Un consortium d’ONG et deux députés européens ont une nouvelle fois interpellé la Commission sur les risques liés à l'octroi par les États membres des golden visas, alors que l'institution européenne doit rendre un rapport sur la question.
Les golden visas sont des programmes courants dans l’UE, qui permettent au ressortissant d'un pays tiers d’obtenir rapidement un permis de séjour, voire de la nationalité d'un État membre, en contrepartie d’un investissement personnel substantiel dans le pays d’accueil.
Douze États membres - l’Autriche, la Bulgarie, Chypre, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, la Lettonie, Malte, les Pays-Bas, le Portugal et le Royaume-Uni - y ont recours.
Les ONG Transparency International et Global Witness, qui avaient déjà tiré la sonnette d’alarme en mars à propos de l’opacité de ces programmes (EUROPE 11974), estiment que les golden visas ont attiré 25 milliards d’euros d’investissements directs étrangers dans l’UE. Elles mettent également en exergue les risques de corruption, de blanchiment et de conflits d’intérêts créés par ce type de programmes.
Rachel Owens, de Global Witness s’est félicitée de l’écho qu’a trouvé l’enquête des deux organisations au Parlement européen (EUROPE 12031). « Nous avons reçu un soutien à la fois transpartisan et transnational », a-t-elle déclaré.
Étaient ainsi présents à la conférence de presse Benedek Jávor (Verts/ALE, hongrois) et Ana Gomes (S&D, portugaise), qui ont fait part de leur indignation face aux golden visas. Le groupe ADLE s'est également saisi du sujet.
Arguant que ces programmes constituent une problématique européenne, dans la mesure où ils autorisent l’accès à l’espace Schengen, les intervenants ont demandé à la Commission d’engager des actions contre les États qui mettraient en danger la sécurité européenne de par leurs programmes.
Les intervenants ont enfin détaillé le rôle trouble des entreprises jouant les intermédiaires entre les demandeurs de golden visas et les autorités nationales.
Ces entreprises, représentées par l’Investment Migration Council (CMI), avaient plaidé leur cause fin août (EUROPE 12080).
Interrogé, le commissaire à la Migration, Dimitris Avramopoulos, a déclaré : « La Commission suit ce sujet de très très près. » Il a réitéré la promesse de la Commission de publier des lignes directrices avant la fin de l’année 2018, notamment sur la nécessité pour les États membres de vérifier les « antécédents » des personnes demandant à bénéficier d'un golden visa. (Mathieu Solal)