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Bulletin Quotidien Europe N° 12114
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SOCIAL / Social

Les syndicalistes européens et membres du CESE consternés par l'attitude de la Présidence autrichienne du Conseil

Les syndicalistes européens et les membres du Comité économique et social européen (CESE) ont multiplié les attaques à l'encontre de la Présidence autrichienne du Conseil de l'UE, lors d’une réunion extraordinaire du groupe de travail 2, dit « groupe des travailleurs », qui se tenait à Vienne, le mardi 9 octobre 2018. 

« La Présidence autrichienne est une déception pour tous les travailleurs » a ainsi confié Rudy De Leeuw, le président de la Confédération européenne des syndicats (CES) à EUROPE, en marge de la réunion. Le syndicaliste a notamment pointé du doigt l’annulation par la Présidence du Conseil ‘emploi, politique sociale, santé et consommateurs’ (EPSCO) qui devait se tenir le 11 octobre (voir autre nouvelle). 

La décision controversée de la Présidence autrichienne est à mettre en perspective avec le contexte politique national, selon le Belge. En juillet, le gouvernement autrichien avait ainsi fait adopter une loi étendant à 12 heures par jour et 60 heures par semaine la durée maximale de travail sans avoir préalablement consulté les syndicats. « Ce qu’un gouvernement fait sur le plan national se répercute forcément au niveau européen », a-t-il commenté. 

À la tribune, Oliver Röpke, président du bureau bruxellois de la Confédération autrichienne des syndicats (ÖGB) et membre du groupe de travail du CESE, ne cachait pas non plus sa colère face à cette décision, « une première dans l’histoire de l’UE »

« Nous avons annulé cette réunion, car certains dossiers n’en sont simplement pas arrivés à un stade suffisamment avancé pour être discutés en Conseil », s’est justifiée la Présidence autrichienne, interrogée par EUROPE. « Nous menons une présidence active et nous préférons nous concentrer sur les ‘trilogues’ où nous avons le plus de chance de progresser, pour le moment », ont encore plaidé les Autrichiens. 

Autorité européenne du travail

Pas convaincue par ces arguments, Laure Batut, membre française du groupe de travail, a fait part à EUROPE de son agacement face au report de l'Autorité européenne du travail causé par l’annulation de la réunion EPSCO. Un « mauvais signal envoyé aux travailleurs », selon elle. 

M. De Leeuw a également regretté ce retard pris. Le président a également exprimé une crainte face au risque que l'Autorité devienne finalement une agence. L'Autorité « pourrait permettre de développer un contrôle des agences nationales et donc in fine de garantir plus efficacement que la législation sociale soit appliquée dans les États membres », a-t-il insisté. 

Rendre le socle des droits sociaux effectifs 

Le socle européen des droits sociaux - autre sujet mis en suspens par la décision autrichienne - était au cœur des discussions lors de la réunion du CESE et a par ailleurs été évoqué par M. De Leeuw. « Notre forcing au sommet de Göteborg a permis d’ériger ce pilier, mais il faut à présent des initiatives de lois et des directives pour rendre les droits sociaux effectifs », a-t-il expliqué. 

Le débat a ainsi, durant la réunion, tourné autour de la protection sociale dans le secteur des plates-formes numériques (de type Uber).  Car en dépit des promesses de la Présidence, qui avait fait de la protection sociale dans le secteur des plates-formes numériques une de ses priorités (EUROPE 12053), les syndicalistes n’ont à l’heure actuelle pas été consultés par les Autrichiens. (Mathieu Solal)

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