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Bulletin Quotidien Europe N° 12114
SÉCURITÉ - DÉFENSE / Psdc

Pas de consensus entre les États membres pour que l’opération Sophia contribue à la lutte contre le trafic de pétrole

Alors que la révision du mandat de l’opération en Méditerranée EUnavforMed Sophia se poursuit, une source européenne a expliqué à quelques journalistes, dont EUROPE, mercredi 10 octobre, qu’il n’y avait pas de consensus des États membres pour élargir l’opération afin qu’elle contribue à la lutte contre le trafic de pétrole provenant de la Libye. 

Le Service européen pour l’action extérieure souhaiterait que l’opération puisse effectuer des contrôles en mer de navires qui participeraient à ce trafic. Jusqu’à présent, Sophia ne peut que relever des informations sur ce trafic qui coûterait chaque année 750 millions de dollars à la Libye. EUnavforMed Sophia a déjà dressé la liste de 460 navires qui participeraient à ce trafic. 

« Tout le monde est d’accord pour dire que la mission Sophia est nécessaire et pour la prolonger [au-delà du 31 décembre prochain], mais il n’y a pas d’accord sur le trafic de pétrole », a expliqué cette source européenne, ajoutant que « beaucoup d’États membres ne le souhaitaient pas ». Selon cette source, ajouter des missions à Sophia, sans qu’elle ait plus de moyens, « est la recette pour un échec ».

Devant les députés européens de la commission 'Sécurité/Défense', le commandant de l’opération, Enrico Credendino, a plaidé pour la prolongation de la mission. « Nous attendons une décision politique pour son extension. La volonté est d’étendre l’opération jusqu’en juin 2020. Tout est presque convenu, la question pendante est celle du débarquement et de la redistribution, c’est une question hautement politique », a-t-il expliqué. 

M. Credendino a aussi soutenu l’élargissement de la mission proposée, car, selon lui, « quand il y a une hausse de l’activité des passeurs, il y a une hausse du trafic de pétrole ». « Lutter contre l’un, c’est lutter contre l’autre », a-t-il jugé. 

Une baisse de 86 % des arrivées en Italie depuis la Libye

Le commandant est revenu sur les résultats de l’opération depuis son lancement : 551 bateaux neutralisés, 151 passeurs présumés arrêtés et presque 45 000 migrants/réfugiés sauvés. Les arrivées en Italie depuis la Libye ont diminué de 86 % par rapport à la même période l’an dernier. Toutefois, si en 2017 67 % des départs depuis la Méditerranée se faisaient depuis la Méditerranée centrale, ils ne représentent que 21 % en 2018 alors que les départs depuis l’ouest de la Méditerranée, notamment le Maroc, explosent (de 16 à 50 % des départs). 

La mission poursuit aussi la formation des gardes-côtes libyens et de la marine. 238 gardes-côtes ont déjà été formés et 80 le sont actuellement. M. Credendino a précisé que l’ambition était d’en avoir formé environ 500 d’ici la fin de l’année. Alors que, début 2017, les gardes-côtes n’effectuaient que 10 % des opérations de sauvetage, selon le commandant, en septembre 2018, « presque toutes les opérations ont été réalisées dans leurs eaux » territoriales. Pour aider la Libye, l'Italie devrait livrer, à partir de novembre, 12 nouveaux navires de patrouille. Une source européenne a précisé qu’actuellement, aucun navire de l’opération Sophia n’était dans les zones de sauvetage de migrants. 

L’opération surveille aussi le travail des gardes-côtes libyens, en mer, mais aussi dans leur quartier général. Un travail que M. Credendino aimerait voir s’accentuer. « Nous avons été autorisés par les États membres à avoir des visites journalières, nous attendons d’avoir l’autorisation pour des visites de 3 ou 4 jours, pour comprendre ce que les gardes-côtes font et quels sont leurs besoins », a-t-il expliqué, ajoutant que cela faisait partie de la révision stratégique en cours. « Nous sommes prêts à avoir deux envoyés à Tripoli, quand la situation le permettra, trois à quatre jours par semaine », a-t-il ajouté (EUROPE 12053). 

Enfin, concernant le travail sur le respect de l’embargo sur les armes, l’opération a, selon M. Credendino, « un effet dissuasif » et les armes n’arrivent plus en Libye par la voie maritime, tout du moins via les eaux internationales. Ainsi, 2 189 prises de contact (hailings), 144 approches amicales, 7 demandes de renseignements et visites concernant les pavillons (7 flags enquiries and visits) et 3 inspections et 2 saisies ont déjà été réalisées. (Camille-Cerise Gessant)

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