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Bulletin Quotidien Europe N° 12103
POLITIQUES SECTORIELLES / Espace

La participation du Royaume-Uni à la majorité des programmes spatiaux européens est possible après le Brexit, selon l'ESPI

La question de la participation britannique aux différents programmes spatiaux après le Brexit est envisageable autant que souhaitable, a dit Jean-Jacques Tortora, directeur de l’Institut européen de politique spatiale (European Space Policy Institute – ESPI) de Vienne, lors d’un échange avec les députés de la commission ITRE du PE, lundi 24 septembre. Seule la participation au volet ‘sécurité’ du programme de géolocalisation de Galileo serait problématique, à ses yeux. 

 « Nous devons garantir la bonne continuité de la participation du Royaume-Uni à plusieurs programmes spatiaux de l’UE », a insisté ce spécialiste de l’espace, répondant à Evžen Tošenovský (CRE, tchèque) et à ses craintes de perdre le savoir-faire britannique, une fois la sortie britannique de l’Union européenne actée. 

Ainsi, pour l’ancien secrétaire général de l’Association européenne de l’industrie aérospatiale (Eurospace), le Royaume-Uni peut continuer à participer à Copernicus (observation terrestre) avec certaines restrictions toutefois, à GovSatCom (télécommunication gouvernementale), au programme SST (surveillance des débris spatiaux), mais aussi au volet ‘civil’ de Galileo

En revanche, le véritable sujet « critique » est, selon lui, l’accès au PRS, le service crypté offert par le système de Galileo pour toutes les applications sensibles et gouvernementales. « Quand vous avez de bons amis, vous pouvez, malgré tout, les inviter à la maison, mais la question est de savoir si vous leur laissez ou non les clés de la ­maison », a conclu l’expert. 

Une question politique plutôt qu'économique ?

Cet ancien responsable de la stratégie industrielle au sein du Centre national français d’études spatiales (CNES) a ainsi rappelé que le Royaume-Uni avait été dans un premier temps défavorable au programme Galileo et avait négocié au prix fort sa participation, notamment en assurant une très forte participation de son industrie au programme. Malgré tout, la question de l’impact du Brexit sur le secteur spatial européen ne sera pas tant posée en termes économiques – l’industrie spatiale britannique étant plutôt limitée – qu’en termes politiques, selon l’expert. 

Pour Luisa Santos, responsable Brexit au sein de BusinessEurope, l’association des syndicats patronaux européens, considère que la divergence réglementaire entre le Royaume-Uni et l’Union pourrait mettre à mal la participation britannique effective aux appels d’offres de l’UE. La grande difficulté des PME est en fait de dresser un état des lieux complet des chaînes d'approvisionnement qui seront touchées par le Brexit, a-t-elle expliqué. 

Reinhilde Veugelers, chercheuse au sein du groupe de réflexion économique Bruegel, a pointé du doigt le risque d’un impact systémique sur toute la chaîne de valeur dans le secteur spatial européen, si le Royaume-Uni devait sortir sans accord (‘no deal scenario’) de l’UE. À ses yeux, les deux autres grandes inconnues sont : les futures politiques industrielle et commerciale du Royaume-Uni. 

La participation britannique au programme Galileo est l’un des dossiers particulièrement épineux des négociations sur le Brexit, l’UE refusant l’accès aux informations cryptées du programme européen (EUROPE 12032, 12027). (Pascal Hansens)

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