La Commission européenne a réitéré, mardi 25 septembre, qu’il n’y avait pas de responsabilité européenne pour le navire Aquarius, privé de pavillon après que le Panama le lui a retiré, alors que le gouvernement français a demandé à Malte d'autoriser le navire à débarquer les 58 personnes secourues au large de la Libye.
En réponse à la demande des deux ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières affrétant le navire d'accoster à Marseille, la France avait souhaité la veille qu'une « solution européenne » soit trouvée. Mais la Commission a indiqué mardi n’avoir été contactée ni par le gouvernement français ni par d’autres États membres.
« On sait que les plus concernés se concertent », a expliqué la Présidence autrichienne du Conseil de l’UE. De fait, Paris a suggéré mardi que le navire, qui mettrait 4 à 5 jours pour rejoindre Marseille, accoste d’abord à Malte, a rapporté l’AFP, citant une source de l'Élysée. Le Portugal a, quant à lui, annoncé dans la journée s'être mis d'accord avec Paris et Madrid pour accueillir 10 des 58 migrants.
Face à ce nouveau casse-tête, le groupe des Verts/ALE au Parlement européen a demandé un débat sur cette question la semaine prochaine en session plénière. Cette demande sera étudiée jeudi 27 septembre par la conférence des présidents de groupes politiques du PE.
La Commission a encore souligné mardi que la légalité du droit international plaçait la responsabilité du débarquement de l’Aquarius dans les mains des autorités libyennes, les opérations de sauvetage ayant été menées dans les eaux territoriales libyennes et avec les gardes-côtes libyens.
Les traités internationaux stipulent que, si le bateau se trouve dans les eaux territoriales d'un pays (jusqu’à 12 milles marins des côtes), la responsabilité du débarquement lui revient.
La Commission a refusé mardi de laisser penser qu’elle ne se souciait pas du sort de ces personnes, souhaitant qu’une solution soit trouvée au plus vite. (Solenn Paulic)