login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12103
POLITIQUES SECTORIELLES / Justice

Věra Jourová appelle les dirigeants politiques et les médias à prendre leur responsabilité pour combattre « la mauvaise version du nationalisme »

« Les nationalistes défilant à Chemnitz, la campagne anti-Soros en Hongrie, la rhétorique anti-musulmane ou anti-Roms ne sont que quelques exemples qui montrent que, malgré la Charte [des droits fondamentaux de l’UE, NDLR] [...] nous avons un problème. » Ces propos de la commissaire européenne à la Justice, Věra Jourová, résument l'essence du message qu’elle est venue délivrer, mardi 25 septembre, au Forum des droits fondamentaux à Vienne. 

Dans son discours, la commissaire tchèque a en effet mis en garde contre la montée de la « mauvaise version du nationalisme », celle qui promeut l’exclusion, la haine, la violence et la discrimination raciale. Une tendance d’autant plus inquiétante qu’elle ne touche plus seulement les partis extrémistes en Europe, mais dont la rhétorique est aussi reprise par certains partis traditionnels, s'est-elle inquiétée. 

Comment y répondre ? Selon elle, ni par des sermons ni par l’exclusion, mais plutôt en promouvant un « patriotisme sain » et « l’appartenance à une communauté familière »

Ses inquiétudes quant à la dégradation de la démocratie dans l'UE étaient d'ailleurs particulièrement d'actualité au regard du scandale qui a éclaté lundi, lorsqu'a été dévoilée une note du ministre autrichien de l'Intérieur du parti d'extrême droite FPÖ, Herbert Kickl, recommandant aux corps de police de limiter la communication avec les médias critiquant le gouvernement. 

Propos sur les médias mal interprétés depuis Bruxelles

Dans son discours, la commissaire a aussi souligné le rôle des dirigeants politiques et des médias à l’ère numérique. 

Elle a tout particulièrement fustigé les politiciens irresponsables qui profitent de la liberté d’expression en faisant usage de la peur pour arriver à leurs fins. Ce faisant, la commissaire tchèque a appelé les hommes politiques à faire preuve de « responsabilité dans leurs paroles » et de « retenue ».

Quant aux médias, ils jouent un rôle tout aussi important, a-t-elle estimé, et pas seulement parce qu’ils relayent les paroles de ces personnalités politiques, mais aussi en tant que facilitateurs de la culture du dialogue, plutôt que de diffuseurs de fausses informations.

Pour elle, le débat médiatique entourant le Brexit est un exemple parlant, citant notamment « la première page d'un quotidien britannique populaire qui qualifiait les juges d'ennemis du peuple » ou encore « les dirigeants de l'UE qui ont été surnommés 'rats sales' sur une autre première page ». 

Mme Jourová dit comprendre les pressions du monde numérique auxquelles les médias sont soumis, telles que la perte de lecteurs et de revenus publicitaires, qui les obligent à réduire leur personnel et ainsi à procéder à moins de vérification des faits. 

« Je plaide en faveur d'une approche européenne des médias fondée sur la qualité et une réglementation intelligente, si nécessaire », a-t-elle poursuivi – des propos qui ont été mal interprétés depuis Bruxelles par plusieurs journalistes. 

Interrogé sur leur sens précis et l’éventualité d’une législation européenne sur les médias, Nathalie Vandystadt, une porte-parole de la Commission, a expliqué que la commissaire se référait en réalité aux initiatives déjà proposées et qui doivent être pleinement mises en œuvre par les États membres. Ce faisant, elle a assuré qu’aucune législation européenne en la matière n'était en cours d’élaboration. 

« Ses remarques visaient à déclencher une discussion [...]. Son discours porte principalement sur le financement des médias », a-t-elle précisé. (Marion Fontana)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
INSTITUTIONNEL
ÉCONOMIE - FINANCES
ACTION EXTÉRIEURE
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES
CORRIGENDUM