Les ministres des finances de l'Eurozone échangeront, jeudi 12 juillet, sur les conclusions du Sommet de la zone euro du 29 juin dernier (EUROPE 12052), ainsi que sur la candidature de la Bulgarie à l’entrée dans le mécanisme de taux de change (ERM II) et dans l’Union bancaire.
C’est une réunion de l’Eurogroupe apaisée qui devrait avoir lieu ce jeudi, le dossier grec ne figurant pas officiellement au programme des discussions, alors que la dernière réunion de l'Eurogroupe avait permis d’acter la conclusion du troisième plan de sauvetage grec (EUROPE 12046).
Les ministres plancheront dans un premier temps sur les conclusions du dernier sommet de la zone euro relatives à l’approfondissement de l’Union économique et monétaire (UEM). À cette occasion, l’Eurogroupe a reçu un mandat afin de présenter la future architecture du Mécanisme européen de stabilité (MES) et du filet de sécurité pour le Fonds de résolution unique, fonction qui sera assurée par le MES, d’ici à la fin de l’année. L’Eurogroupe préparera également une feuille de route permettant la relance des négociations politiques sur la création d'un système européen de garantie des dépôts (EDIS).
Bulgarie. Si le thème n’est pas officiellement au menu de la réunion des grands argentiers de la zone euro, ces derniers devraient néanmoins échanger sur la volonté de la Bulgarie d’intégrer le mécanisme de taux de change (MCE II), passage obligé pour l’adoption de l’euro, et l’Union bancaire.
Une lettre en ce sens a dernièrement été envoyée par Sofia à plusieurs responsables européens, en vue d’officialiser la candidature du pays. Celle-ci n’est pas une surprise : Vladislav Goranov, le ministre bulgare des Finances, qui s'exprimera ce jeudi au Parlement européen, avait évoqué en janvier une telle opportunité (EUROPE 11937).
Sous réserve du respect des critères monétaires, la Bulgarie pourrait intégrer le MCE II en juin 2019. Elle n'intégrerait l'union bancaire qu'après avoir soumis son système bancaire à une analyse approfondie de sa solidité (tests de résistance bancaire et 'asset quality review' de la BCE).
Aucune décision ne semble attendue à l'Eurogroupe sur ce dossier.
Semestre européen. L'Eurogroupe se penchera également sur les prévisions économiques intermédiaires d’été, qui auront été présentées par la Commission européenne le jour même.
Et ils discuteront de la trajectoire budgétaire de la zone euro dans son ensemble pour 2019. Le président du Comité budgétaire européen, Niels Thygesen, présentera à ce titre un rapport spécifique publié mi-juin (EUROPE 12043).
Grèce. Même si la Grèce ne figure pas à l’agenda des Dix-neuf, la situation économique du pays est toujours observée de près.
La Commission européenne a activé à ce titre, mercredi 11 juillet, le cadre de surveillance renforcée post-plan de sauvetage qui pourrait être en place jusqu'à 2022. Celui-ci vise à examiner de près le respect et la mise en œuvre des engagements pris par Athènes après la sortie du plan d’assistance financière, le 20 août.
Ce cadre de surveillance n'est « pas un quatrième programme », comme l’a rappelé avec insistance Pierre Moscovici, le commissaire aux Affaires économiques et financières, mercredi.
Des missions d’évaluation trimestrielles permettront d’identifier les risques et les enjeux dans six domaines-clefs : les politiques budgétaires et les politiques budgétaires structurelles, la protection sociale, la stabilité financière, les marchés du travail et des produits, la privatisation et l'administration publique.
Sur la base de ces rapports, les mesures d’allègement de la dette convenues par l’Eurogroupe en juin pourront éventuellement être activées. (Lucas Tripoteau)