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Bulletin Quotidien Europe N° 12060
SÉCURITÉ - DÉFENSE / Otan

Donald Trump exhorte une nouvelle fois les Alliés à respecter la règle des 2% du PIB en matière de dépense militaire

Le président américain, Donald Trump, a, une nouvelle fois, fait du respect de la ‘règle des 2%’ son cheval de bataille pour le sommet de l’OTAN qui s'est ouvert mercredi 11 juillet à Bruxelles.

Les membres de l’Alliance atlantique avaient convenu, lors du sommet du Pays de Galles en 2014, d’augmenter leurs dépenses militaires à 2% du PIB avant 2024.

Dans une déclaration publiée à l'issue de la première journée du sommet, les des chefs d'État et de gouvernement des pays de l'Alliance atlantique ont « réaffirmé (leur) attachement inébranlable à tous les aspects de l'engagement en matière de défense pris lors du sommet du pays de Galles », ajoutant qu'un « partage équitable des charges (était) le fondement de la cohésion, de la solidarité et de la crédibilité de l'Alliance et de son aptitude à remplir (ses) engagements ».

Lors d'un petit-déjeuner de travail avec M. Stoltenberg, M. Trump avait d'emblée exprimé son mécontentement concernant les décalages en matière de dépenses militaires entre les États-Unis et leurs alliés européens.

« Nous dépensons beaucoup d'argent pour protéger l'Allemagne, la France et d'autres pays. Cela dure depuis des décennies. (Cette question) a été soulevée par d'autres présidents, qui n'ont jamais rien fait à ce sujet », avait-il dénoncé. « Ces pays doivent intensifier (leurs efforts), non pas sur une période de 10 ans, mais immédiatement », avait-il ordonné, qualifiant ce décalage de « très injuste » pour les contribuables américains.

Selon le président bulgare, Rumen Radev, cité par plusieurs médias, le président américain aurait « soulevé la question non seulement d'atteindre 2%, aujourd'hui, mais aussi de fixer un nouvel objectif de 4% ».

À leur arrivée au sommet, les présidents letton et polonais, dont les pays respectent le seuil de 2%, ont apporté leur soutien à M. Trump. L’augmentation des dépenses militaires est « nécessaire pour notre sécurité (européenne) », a estimé le Letton Raymonds Vejonis. Pour le président polonais, Andrzej Duda, « notre responsabilité et notre obligation » sont en jeu.

Le message a visiblement été reçu par les autres partenaires. Le Premier ministre belge, Charles Michel, a plaidé pour que les Européens continuent sur le chemin des investissements « pour garantir la sécurité et la stabilité »Selon une source de l’Élysée, citée par l’AFP, le président français aurait réaffirmé, lors de son intervention en session, que « l'unité n'était pas possible sans un partage équilibré des charges et des responsabilités » entre les pays membres. « Les Européens ont bien compris ce message », d'après Emmanuel Macron.

L’Allemagne dans le viseur de M. Trump

Le président américain s’en est particulièrement pris à l’Allemagne, qui semble être son souffre-douleur du moment. Il a notamment critiqué le fait que 70% de l’énergie en Allemagne provienne de Russie, un niveau, selon lui, « inapproprié » et contraire aux principes de l'OTAN.

« L'Allemagne ne paie qu'un peu plus de 1%, alors que les États-Unis, en chiffres réels, paient 4,2% d'un PIB beaucoup plus important. Je pense que c'est également inapproprié », a aussi souligné M. Trump. Et d'ajouter : « L'Allemagne est un pays riche. Ils disent qu'ils peuvent l'augmenter un tout petit peu d'ici 2030. Eh bien, ils pourraient l'augmenter immédiatement, demain ».

En 2018, les dépenses de défense de l’Allemagne ne devraient représenter que 1,24% du PIB national.

La veille, le secrétaire général de l’OTAN avait signalé que Berlin avait augmenté, et continuait d’augmenter ses dépenses militaires. L’Allemagne prévoit une augmentation du 80% des dépenses en termes réels entre 2014 et 2024. Mais « moi, ainsi que d’autres alliés, nous attendons plus de l’Allemagne », avait expliqué M. Stoltenberg.

Des progrès substantiels depuis 2014

Si M. Trump a préféré voir le verre à moitié vide, M. Stoltenberg préfère le voir à moitié plein. « Nous sommes tous d'accord pour dire que nous devons faire plus, je suis d'accord avec vous pour dire que nous devons veiller à ce que nos Alliés investissent davantage. La bonne nouvelle est que les Alliés ont déjà commencé à investir davantage dans la défense », a-t-il dit à M. Trump. « L'année dernière a connu la plus forte augmentation des dépenses de défense en Europe et au Canada depuis une génération », a-t-il ajouté, admettant que le message – très direct – de Trump avait un impact sur les Alliés.

En 2017, les dépenses en termes de défense en Europe ont augmenté de 3,99%, et les prévisions pour cette année sont de 4,84%. Et certains pays de l’Alliance et de l’UE - la Bulgarie, la Lettonie et les Pays-Bas - pourraient accroître leurs dépenses de plus de 20% en 2018 par rapport à 2017.

D’après les plans nationaux que deux tiers des alliés ont établis l’année dernière, les alliés européens et canadien devraient dépenser 266 milliards de dollars américains supplémentaires pour la défense d’ici à 2024, selon M. Stoltenberg. La mise en place de ces plans nationaux avait été appuyée par le président Trump afin d'atteindre le seuil du 2% d’ici à 2024. 

Huit alliés devraient (quasiment) atteindre cette année l’objectif de dépenses militaires à hauteur de 2% du PIB national. Ainsi, la Lettonie, la Pologne, la Lituanie et la Roumanie rejoignent les États-Unis, le Royaume-Uni, la Grèce et l’Estonie, qui ont atteint ce seuil dès 2014.

Selon le Secrétaire général, outre ces 8 pays, la majorité des Alliés a présenté des plans nationaux sur la manière d'atteindre le seuil fixé en dix ans. « Je sais que certains Alliés aimeraient voir des mouvements encore plus rapides, lorsqu'il s'agit de dépenses de défense. Mais au moins, nous allons dans la bonne direction », a-t-il expliqué lors de la conférence 'NATO engages : the Brussels Summit Dialogue' qui s'est tenue en marge du sommet.

Une quinzaine d’États membres, dont l’Allemagne, l’Italie, la Belgique et l’Espagne, consacrent toujours moins de 1,4% de leur richesse nationale à la défense. Pour ces pays, le respect du seuil des 2% en 2024 sera très difficile, voire impossible. (Carmen García et Camille-Cerise Gessant)

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