Le Premier ministre macédonien, Zoran Zaev, a estimé, jeudi 28 juin, que son pays pourrait entrer dans l’Union européenne en 2025, à la suite de la décision du Conseil 'Affaires générales', confirmée par le Conseil européen, d'une ouverture, sous conditions, des négociations d'adhésion de l'UE de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine en juin 2019 (EUROPE 12049).
« Le processus d’adhésion à l’UE ne se termine pas avec l’ouverture des chapitres de négociation. Au contraire, les expériences passées montrent que les négociations durent sept ans en moyenne, ou plus. Si la République de Macédoine suit ce calendrier, cela signifie que les négociations se traduiront par l’adhésion en 2025, exactement comme envisagé dans la stratégie d’élargissement de février 2018 » de la Commission européenne, a expliqué M. Zaev, lors d’un point presse avec le président du Conseil européen, Donald Tusk.
En février, la stratégie de la Commission estimait que les pays les plus avancés dans le processus d’adhésion – la Serbie et le Monténégro – pourraient adhérer en 2025 (EUROPE 11955).
Le Premier ministre a aussi pris à contre-pied les dirigeants européens voulant consolider l’UE avant de l’élargir. « Le prochain élargissement, qui inclura la République de Macédoine, est, dans sa nature, une consolidation de l’UE. Cette consolidation sera terminée quand elle aura accepté les pays des Balkans occidentaux dans sa famille, quand ceux-ci auront rempli les conditions », a-t-il ajouté.
Selon M. Tusk, la décision du Conseil 'Affaires générales' entérinée par les dirigeants européens n’aurait pas été possible « sans les mesures importantes prises par [le] gouvernement pour renforcer la démocratie et l'État de droit dans [le] pays, ainsi que pour introduire des réformes structurelles et tendre la main à [ses] voisins ».
Tout comme M. Tusk, le Conseil européen a « fortement salué » et apporté son soutien à l’accord entre l’ARYM et la Grèce sur la question du nom. Cet accord, avec le traité de voisinage, de bonnes relations et de coopération entre la Bulgarie et l’Ancienne République yougoslave de Macédoine « montre l’exemple pour d’autres dans la région pour renforcer les bonnes relations de voisinage », ont ajouté les dirigeants dans leurs conclusions.
Adoption des conclusions sur l’élargissement
Par ailleurs, en plus d’apporter son soutien à une ouverture des négociations d’adhésion de Skopje sous conditions, le Conseil européen a approuvé l’ouverture des négociations d’adhésion avec l’Albanie, sous conditions. Les conclusions sur le processus d’élargissement et de stabilisation et d’association qu’ils ont repris à leur compte reviennent aussi sur le processus d’adhésion « au point mort » de la Turquie, et sur le Monténégro, la Serbie, le Kosovo et la Bosnie-Herzégovine (EUROPE 12049, 12050). (Camille-Cerise Gessant)