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Bulletin Quotidien Europe N° 12047
ACTION EXTÉRIEURE / Élargissement

Discussions compliquées en vue au Conseil sur l’ouverture des négociations d’adhésion à l’UE avec l’Albanie et l'ARYM

Les discussions entre ministres des Affaires européennes, mardi 26 juin à Luxembourg, sur les pays de l’élargissement s’annoncent compliquées, selon plusieurs sources européennes. 

Plusieurs sujets divisent les États membres : en premier lieu, l’ouverture des négociations d’adhésion à l’UE avec l’Albanie et l’Ancienne République yougoslave de Macédoine. 

Sur l’Albanie, la France et les Pays-Bas s’opposent à l'ouverture des négociations d'adhésion. Le Parlement néerlandais a voté, le 21 juin, contre l’ouverture des négociations avec Tirana, estimant que les progrès ne sont pas suffisants (EUROPE 12046). Il exhorte donc le gouvernement à ne pas voter en faveur de la proposition de la Commission. Le ministre des Affaires étrangères albanais, Ditmir Bushati, aura une dernière occasion de convaincre ses homologues, lundi 25 juin, lors d’un petit déjeuner informel des 'Amis de l’Albanie', à Luxembourg, en amont du Conseil 'Affaires étrangères' (voir autre nouvelle). 

Par ailleurs, bien qu’un accord ait été trouvé sur la question du nom entre l’ARYM et la Grèce (EUROPE 12039), l’ouverture des négociations pour Skopje n’est pas non plus garantie. À plusieurs reprises le président français, Emmanuel Macron, a précisé qu’il fallait réformer l’Europe avant de l’élargir, et Paris semble conserver cette ligne. De son côté, Athènes s’en tient à l’accord avec l’ARYM du 17 juin selon lequel « à la réception de la notification de la ratification de cet accord par le Parlement de la seconde partie [l’ARYM], la première partie [la Grèce] devrait rapidement notifier au président du Conseil de l’UE qu’elle soutient l’ouverture des négociations d’adhésion avec la seconde partie ». Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a cependant prévenu que si Skopje échouait dans sa révision constitutionnelle, les négociations avec l’UE ne progresseraient pas. Le Parlement macédonien a ratifié l’accord le 20 juin. 

Autre sujet de divergence : la Turquie. En décembre 2016, l’Autriche s’était opposée à l’adoption des conclusions, car elle voulait y voir le terme de « gel des négociations d’adhésion » pour la Turquie (EUROPE 11688), refusé par les autres États membres. Une source autrichienne a précisé que son pays ne pouvait pas accepter « un texte identique ou presque qu’en 2016 » et que son pays devrait rester ferme sur le sujet lors du Conseil. 

La même problématique semble se poser encore cette année, même si un diplomate européen a confié que l’objectif était de « reconfirmer la Turquie en tant que candidat à l’adhésion à l’UE ». Il a souligné à plusieurs reprises que l’objectif de la réunion du Conseil était d’« adopter des conclusions » et, donc, d’avoir un accord à Vingt-huit sur la Turquie. Une source d’un État membre a précisé que les négociations étaient toujours en cours sur le texte pour « satisfaire l’Autriche ». 

Si les positions entre États membres divergent, les occasions pour trouver un compromis sont peu nombreuses, car, en raison d’un calendrier serré et d’un agenda européen chargé, il est compliqué de fixer des sessions de travail des ambassadeurs (Coreper) pour discuter de ces questions, selon une source européenne. Une autre source a précisé que la décision pourrait être renvoyée aux chefs d’État et de gouvernement, réunis les 28 et 29 juin. (Camille-Cerise Gessant)

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