Les ministres de l’Agriculture des pays de l’UE se réunissent lundi 18 juin à Luxembourg pour débattre des propositions législatives sur la Politique agricole commune (PAC) post-2020. Il s’agira du dernier Conseil 'Agriculture' sous Présidence bulgare, qui évoquera aussi le sujet des droits antidumping américains frappant les olives espagnoles, du secteur porcin ou encore de l’écoulement des stocks de lait écrémé en poudre.
Les ministres de l’Agriculture risquent de se montrer assez critiques sur les propositions qui seront officiellement présentées pour la première fois par le commissaire Phil Hogan (EUROPE 12039). Les critiques devraient porter sur l’aspect budgétaire (baisse de 5 % des dépenses de 2021 à 2027) ainsi que sur la nouvelle structure de subsidiarité ou le plafonnement voulu des aides à 100 000 euros.
La Présidence bulgare du Conseil de l’UE a décidé de ne pas imposer de questionnaire, laissant chacun libre d’aborder les points qui lui paraissent les plus importants à ce stade.
La question budgétaire sera, à n’en pas douter, au cœur des interventions des États membres. La France présentera une déclaration commune avec l’Espagne, l’Irlande, le Portugal et la Grèce, demandant le maintien à son niveau actuel du budget agricole. Lors du dernier comité spécial agriculture (CSA), la France et l’Italie ont encore protesté contre la baisse des dépenses agricoles 2021-2027.
Plusieurs pays, comme le Portugal, la Finlande et la Slovénie, se sont inquiétés aussi de la baisse des crédits du second pilier et des changements des taux de cofinancement appliqués aux programmes de développement rural.
Certains aspects des propositions devraient aussi être critiqués : la complexité du dispositif, le niveau insuffisant de subsidiarité dans quelques domaines précis, la définition de l’agriculteur actif, le plafonnement des aides, la ligne de démarcation floue entre les écodispositifs du premier pilier et les mesures agroenvironnementales du deuxième. Et, dernier point qui inquiète fortement, le risque de retard dans l’entrée en application de cette nouvelle PAC. Le 15 juin, le groupe de travail du Conseil a entamé l’examen technique de la proposition sur les plans stratégiques et la réglementation horizontale. Un autre groupe de travail se réunira le 20 juin. Le dossier sera ensuite transmis à la Présidence autrichienne qui prendra en charge les discussions à partir du 1er juillet.
Marchés et autres sujets. Les ministres de l’Agriculture auront une discussion sur la situation des marchés avec un état des lieux présenté par la Commission européenne, l’occasion pour la France de présenter sa proposition pour faciliter l’écoulement des stocks de poudre de lait écrémé à destination de l’alimentation animale (EUROPE 12037).
En ‘points divers’, la Pologne va une nouvelle fois tirer la sonnette d’alarme sur les difficultés de son secteur porcin et réclamer l’activation du stockage privé dans ce secteur.
L’Espagne souhaite soulever la question des droits anti-subvention et antidumping imposés à ses exportations d’olives de table sur le marché américain (EUROPE 12041).
Chypre informera ses partenaires sur la « gravité de la situation » que connaît son agriculture, en raison de la réduction des ressources hydrauliques de l’île.
La Slovénie, soutenue par le Luxembourg et la Pologne, soulignera la nécessité d’« intensifier les efforts de l’UE pour réduire la menace pesant sur les abeilles et autres pollinisateurs », tandis que la Hongrie présentera une déclaration conjointe du groupe de Visegrád, plus la Croatie, la Roumanie, la Slovénie et les États baltes, sur la recherche en bioéconomie en Europe centrale et orientale. (Lionel Changeur)