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Bulletin Quotidien Europe N° 12042
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INSTITUTIONNEL / Parlement

Le mouvement social des interprètes au PE entre dans sa troisième semaine

Les organisations syndicales du Parlement européen ont annoncé, vendredi 15 juin, que les actions d'interruption, de une à deux heures, du service d'interprétation seraient reconduites au moins jusqu'au 11 juillet. 

Ces interruptions, qui ont déjà perturbé les réunions internes du Parlement cette semaine à Strasbourg (EUROPE 12039), toucheront cette fois les activités des commissions parlementaires à Bruxelles aux dates suivantes : les 19, 20, 26 et 27 juin ainsi que les 3, 4, 5, 10 et 11 juillet. 

La commission de l'emploi et des affaires sociales entendra, mardi 19 juin dans l'après-midi, les représentants des interprètes. L'objectif est de « montrer notre solidarité » avec le mouvement social, a indiqué à EUROPE Claude Rolin (PPE, belge). Selon lui, les députés, parmi lesquels de nombreux syndicalistes, feront remonter aux échelons politiques supérieurs de l'institution européenne le message selon lequel une solution élaborée via la « concertation sociale » est nécessaire au plus vite, dans une institution européenne qui « a signé le Socle social et la Déclaration de Rome ». 

Depuis le début du conflit, mardi 5 juin (EUROPE 12038), aucune concertation réelle n'a eu lieu. Les organisations syndicales déplorent l'absence de contacts directs avec l'entourage du président Tajani ou du secrétaire général Welle. 

D'après l'administration du PE, ces organisations et l'administration ont évoqué le conflit lors d'une réunion régulière, mardi à Strasbourg, qu'elle qualifie de « constructive ». Au cours de cette réunion, l'administration du PE aurait fait des propositions que les représentants des interprètes doivent étudier en vue de nouvelles discussions à mener en juillet. 

Mais, une source syndicale a évoqué jeudi un texte comportant à la fois des avancées et des reculs, la comparant à « la toile de Pénélope ». Selon elle, une proposition de compromis de l'administration est plutôt attendue avant l'été. 

Déterminés à poursuivre le mouvement, suivi, d'après eux, par 80 % du personnel, les interprètes publieront un contre-argumentaire à « la propagande » de M. Welle, lequel a donné, lundi, sa version des avantages d'une réforme des conditions de travail des interprètes, lors de la réunion du Bureau du PE. Selon les grévistes, il est mensonger de dire que leurs représentants ont mis trois fois un terme aux négociations en cours. 

Le secrétaire général du PE offre aussi « une version très biaisée de la profession », a dit cette source syndicale, pour qui, si les conditions de travail s'étaient autant améliorées que le dit M. Welle, les interprètes seraient fous de faire grève. 

Par exemple, il est malhonnête de faire croire que les interprètes du PE sont avantagés par rapport à leurs homologues de la Commission parce qu'ils sont trois par cabine alors qu'à la Commission ils sont deux interprètes. Il s'agit simplement d'une question de couverture simultanée de langues qui sont au nombre de 22 au PE et moins de sept à la Commission. 

Voir la présentation de l'administration : shorturl.at/bHWZ3 (Mathieu Bion).

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