L'Italie n'entend pas ratifier l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (CETA) en raison d'une insuffisante protection de ses indications géographiques, a prévenu son nouveau ministre de l'Agriculture, Gian Marco Centinaio, jeudi 14 juin, jetant le doute sur la pérennité d'un accord qui doit encore être ratifié par les 28 États membres de l'UE pour sa mise en œuvre complète.
« Nous ne ratifierons pas l'accord avec le Canada parce qu’il ne protège qu’une petite partie de nos appellations d’origine protégée et de nos indications géographiques protégées », a expliqué M. Centinaio, dans un entretien au quotidien italien à La Stampa.
« Nous demanderons au Parlement [italien] de ne pas ratifier ce traité et d’autres similaires au CETA. Tout ceci est prévu dans le contrat de gouvernement » (conclu entre le parti d'extrême droite, la Ligue, et le mouvement antisystème Cinq étoiles, majoritaires au Parlement national), a-t-il précisé.
« Il ne s’agit pas seulement d’une position des souverainistes de la Ligue, mais les doutes sur cet accord sont communs à de nombreux collègues européens », a ajouté ce ministre issu de la Ligue.
L'Autriche, dixième pays de l'UE à ratifier le CETA
Mis en œuvre provisoirement - seules ses dispositions commerciales sont appliquées - depuis le 21 septembre 2017, le CETA sera pleinement appliqué quand il aura été ratifié par tous les Parlements des pays de l'UE, ouvrant la voie à la mise en œuvre de son volet sur les investissements et leur protection via un nouveau système d'arbitrage des litiges entre investisseurs et États.
À ce stade, les Parlements nationaux ont ratifié le CETA dans dix pays : la Lettonie, le Danemark, Malte, la Croatie, l'Estonie, la République tchèque, l'Espagne, le Portugal, la Lituanie et, dernière en date, l'Autriche, où le Parlement national a ratifié, mercredi 13 juin, un accord décrié dans le pays.
Du côté canadien, la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a dit rester « confiante d'avoir une pleine ratification au final », après la ratification par l'Autriche.
L'application provisoire du CETA « signifie que près de 100 % de son impact économique est déjà ressenti par les Canadiens et les Européens », a-t-elle relevé.
Mme Freeland a assuré que son gouvernement avait eu « de bonnes discussions » sur le CETA avec le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, lors du sommet du G7 à Charlevoix. (Emmanuel Hagry)