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Bulletin Quotidien Europe N° 12042
POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

à Paris, Emmanuel Macron et Giuseppe Conte tentent de trouver des solutions européennes communes

Les dirigeants français et italien, Emmanuel Macron et Giuseppe Conte ont souhaité, vendredi 15 juin à Paris, « tourner la page » de la crise diplomatique provoquée par la gestion du navire Aquarius chargé de migrants que l'Italie a refusé de laisser débarquer sur son sol, afin d'élaborer des solutions possibles en vue d'une réponse « européenne » au défi migratoire dans la perspective du Conseil européen des 28 et 29 juin. 

Les deux hommes ont fait le même constat : la réponse européenne depuis la crise migratoire de 2015 n'a pas été à la hauteur du défi rencontré par l’Italie. Sur la migration, comme d’ailleurs sur l'approfondissement de la zone euro, « l’Europe a manqué de solidarité », a dit le président français. 

M. Macron a toutefois défendu son pays, expliquant que la France prenait aussi sa part dans l’accueil de demandeurs d’asile. Sur les quatre premiers mois de 2018, l’Italie a eu 18 000 demandes d’asile et la France 26 000 demandes, a-t-il noté. 

M. Conte a, lui, appelé ses partenaires européens à changer « complètement de stratégie » sur la question de la migration et sur la réforme du système européen d'asile. Rome s'oppose à la réforme actuelle du règlement dit 'de Dublin' telle qu'envisagée au Conseil (EUROPE 12034) et veut une refonte totale du concept de 'pays de première entrée' selon lequel il revient à l'État d'entrée d'un migrant de prendre en charge sa demande d'asile. 

« Qui met le pied en Italie, met le pied dans l’UE », a souligné M. Conte. 

Le président du Conseil italien a aussi insisté sur la nécessité de plancher sur un nouveau concept de « frontières européennes » et Rome développera sa propre position sous la Présidence autrichienne. Il a aussi repris l’idée de centres de « protection » des migrants dans les pays tiers dans lesquels les migrants seraient identifiés et pourraient savoir s’ils peuvent prétendre à l’asile dans l’UE. 

Des projets de ce type ont déjà été lancés dans des pays autour de la Libye. 

M. Macron, qui rencontrera la chancelière allemande Angela Merkel mardi 19 à Berlin, a plaidé pour un partenariat renforcé « avec les pays de la rive sud Méditerranée (...) pour mieux prévenir les flux et avoir une vraie réponse humanitaire », et pour un budget accru pour le Corps européen des gardes-frontières et des gardes-côtes.

Le président français a aussi estimé que la réponse actuelle au défi migratoire via l'imposition de quotas obligatoires de répartition de demandeurs d'asile n’avait pas montré son efficacité, tout en prônant plus de solidarité de la part des pays les plus opposés à la solidarité intra-européenne. (Solenn Paulic)

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