L’Autriche, qui prendra les rênes du Conseil de l'UE au deuxième semestre 2018, entend faire avancer l'agenda d'une Europe qui protège.
« Le slogan de la Présidence, c’est de ramener les citoyens européens plus près de l’idée européenne », nous a confié le ministre autrichien de l’Éducation, des Sciences et de la Recherche, Heinz Fassmann, mercredi 6 juin, à l'occasion de la venue à Bruxelles du gouvernement autrichien.
« Une Europe qui protège d’une manière double : d’une part, dans le sens de ‘défendre’ contre les menaces, le crime, les flux de migration irrégulière, etc. Et de l’autre, protéger contre une baisse du bien-être ou des revenus. »
Priorité à Erasmus+. Sur le front de l'éducation, Vienne veut accorder la priorité au programme Erasmus+, alors que la Commission européenne a proposé, fin mai, de doubler les fonds alloués au programme de mobilité Erasmus+ pour la période 2021-2027 (EUROPE 12030).
Louée pour sa formation duale des apprentis, l'Autriche n’a pas l’intention d’organiser de conférence ou de rencontre ministérielle informelle sur l’éducation. Une seule réunion officielle est prévue à ce stade, c’est le Conseil 'Éducation, Jeunesse, Culture et Sport' qui se déroulera les 26 et 27 novembre à Bruxelles.
Le futur programme Erasmus+ sera au cœur de cette rencontre. « Je pense qu’il est possible d’avoir un accord, car les changements par rapport au précédent programme ne sont pas significatifs. Le programme Erasmus+ concerne principalement la mobilité et il n’y a pas de résistance parmi les États membres contre la mobilité dans la mesure où il apparaît clairement que cela peut contribuer à une bonne atmosphère », a indiqué le ministre, se disant « optimiste ».
M. Fassmann a salué le montant suggéré pour le futur programme, tout en refusant de se prononcer sur l’origine des fonds. « Ce n’est pas ma tâche, cela ressort d’une autre formation au Conseil. Ma tâche, c’est de représenter les intérêts de la recherche et l’éducation. En ce sens, je suis content avec la proposition de doubler le budget », a dit le ministre.
Sur la future coopération avec le Royaume-Uni une fois celui-ci redevenu un pays tiers, il a fait part d'un intérêt réciproque à une poursuite de la coopération. « Il devrait y avoir des négociations fortes et intenses pour avoir quelque chose après. Il y a un intérêt des deux côtés », a expliqué le ministre.
Pas de conclusions prévues
La future Présidence autrichienne du Conseil tentera également de parvenir à un accord sur la proposition de recommandation relative à la reconnaissance mutuelle automatique des diplômes et des périodes d'apprentissage à l'étranger (EUROPE 12024).
Cette initiative définit les conditions pour la reconnaissance automatique, ainsi que les outils existants de l'UE tels que le système européen de transfert et d'accumulation de crédits et le cadre européen des certifications.
« Nous aborderons peut-être les universités européennes, que l’Autriche soutient », a dit à ce titre M. Fassmann.
Les recommandations sur la petite enfance et sur l’apprentissage des langues ne font pas partie du programme de travail de la Présidence autrichienne. « Nous les laisserons à la Roumanie, sauf si nous avançons plus vite que prévu », nous a-t-on confié dans l'entourage du ministre.
La Représentation permanente autrichienne accueillera un tiers de personnel en plus au deuxième semestre 2018 pour faire face à la surcharge de travail liée à la présidence semestrielle du Conseil. (Sophie Petitjean)