Le président français, Emmanuel Macron, a appelé, en ouverture de la réunion ministérielle de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), mercredi 30 mai à Paris, à préserver le système commercial multilatéral, mais aussi à refondre l'OMC.
Plaidant pour « un multilatéralisme fort », M. Macron a appelé à « préserver le cadre de l'OMC », mais à « le refondre en profondeur », d'abord pour « améliorer la fonction d'application de ses règles ».
« L'organe de règlement des différends de l'OMC est essentiel, mais nous devons améliorer son fonctionnement, notamment de son organe d'appel », a-t-il expliqué, disant « accepter les critiques », mais dénonçant toutefois « la méthode du blocage » des États-Unis.
M. Macron veut aussi « renforcer la capacité de l'OMC à édicter de nouvelles règles (...) pour avoir une réponse efficace aux défis contemporains : les subventions publiques massives, la propriété intellectuelle, les droits sociaux et la protection du climat ».
M. Macron a proposé une négociation sur la réforme de l'OMC, intégrant au départ les États-Unis, la Chine et le Japon, et qui serait « rapidement étendue » aux pays du G20 et de l'OCDE, « avec l'objectif d'aboutir à un diagnostic convergent sur les dysfonctionnements du système actuel », en tablant sur le sommet du G20 de Buenos Aires, à l'automne, « pour une première feuille de route ».
M. Macron a aussi appelé à « placer les préoccupations environnementales et climatiques au cœur des disciplines commerciales » et à « adopter des normes pour des modes de production garantissant le développement durable », appelant l'UE à donner l'exemple en incluant le respect de l'Accord de Paris dans tous ses accords commerciaux et des mécanismes de sanction pour le respect des normes environnementales.
Le président français a apporté son soutien à l'OCDE pour « encourager tous les membres du forum mondial sur l'acier à remplir leurs obligations », appelant à étendre ce forum à d'autres secteurs « pour faire face aux politiques d'expansion industrielle qui reposent sur des pratiques déloyales sur le plan de la propriété intellectuelle, dans les secteurs de l'aluminium, de l'électronique ou des batteries ».
À l'attention du président américain, Donald Trump, M. Macron a dénoncé « les menaces de guerre commerciale ». « On peut penser faire plaisir à ses électeurs. Mais une guerre commerciale est toujours une guerre perdue par nos industries, nos agriculteurs, nos consommateurs », a-t-il conclu. (Emmanuel Hagry)