Avant de se rendre à la réunion ministérielle de l'OCDE à Paris, où elle devait s'entretenir avec le secrétaire américain du Commerce, Wilbur Ross, et le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, la commissaire européenne chargée du Commerce, Cecilia Malmström, a réitéré, mercredi 30 mai, que l'UE exigeait une exemption permanente des droits de douane américains de 25 % sur les importations d'acier et de 10 % sur celles d'aluminium, dont elle est exemptée provisoirement jusqu'au 1er juin.
« L'UE veut être totalement exemptée de ces droits et veut s'engager dans un processus commercial transatlantique positif », a-t-elle insisté sur son compte Twitter, en référence au plan en quatre points proposé par les dirigeants européens pour améliorer le cadre commercial transatlantique (EUROPE 12022).
Devant le Parlement européen mardi, Mme Malmström a jugé improbable que le président américain, Donald Trump, accorde à l'UE une exemption permanente, disant s'attendre au mieux à des quotas.
« Peut-être que l'agenda sera positif, c'est-à-dire sans droits de douane ni quotas, mais si nous sommes réalistes, je ne pense pas que nous puissions espérer cela. En réalité, si les États-Unis décident de s'abstenir d'appliquer des droits de douane, je m'attends quand même à ce qu'ils veuillent imposer des sortes de quotas sur les exportations de l'UE », avait-elle déclaré.
« La question est de savoir s'il s'agirait de quotas stricts, avec un volume limite au-delà duquel aucune autre exportation n'est possible, ou de quotas plus souples qui permettraient d'autres exportations, mais avec des tarifs, (ce qui serait) moins dommageable pour l'UE », a-t-elle ajouté.
Mme Malmström a averti une nouvelle fois que l'UE activerait immédiatement des contre-mesures de rééquilibrage, notifiées à l'OMC et qui pourraient être mises en place à compter du 20 juin (EUROPE 11983, 12029), si M. Trump décidait d'imposer les taxes sur les exportations européennes d’acier et d’aluminium.
Mais si Washington choisissait d'imposer des quotas, cette réponse serait caduque. « Notre future ligne de conduite dépendra de la nature et de la sévérité des mesures imposées à nos exportations par les États-Unis et du préjudice qu'elles causent à notre industrie », a expliqué Mme Malmström.
À ce stade, les États-Unis ont accordé des exemptions permanentes à l'Australie, à l'Argentine, au Brésil et à la Corée du Sud, mais assorties de quotas d'importation. (Emmanuel Hagry)