La prochaine session de pourparlers sur le volet commercial d'un accord d'association entre l'UE et le bloc Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay), du 4 au 8 juin à Montevideo, pourrait être décisive en vue de la conclusion d'un accord de principe cet été, avant les élections générales au Brésil en octobre, d'après plusieurs informations concordantes.
« Il reste encore du travail à faire sur les sujets en suspens. Cela nécessitera un effort considérable de la part de nos partenaires du Mercosur », a prévenu un porte-parole de la Commission, mardi 29 mai.
La libéralisation du commerce automobile et les règles d'origine (EUROPE 12022), l'accès au marché sud-américain pour les produits laitiers de l'UE, la protection des indications géographiques, l'accès aux services maritimes et la prise en compte des sensibilités agricoles restent les dossiers clés à régler.
La commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, a assuré, le 22 mai, que l'engagement politique des pays du Mercosur « restait fort », mais que leur principale difficulté était de coordonner leurs positions.
Redoutant l'échéance prochaine d'un accord, les organisations et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca) ont mis en garde Mme Malmström et le commissaire à l'Agriculture, Phil Hogan, dans un courrier du 24 mai, contre des améliorations éventuelles des concessions octroyées aux pays du Mercosur en matière de produits sensibles (bœuf, sucre, éthanol, volaille, riz et jus d’orange) dans le cadre de contingents tarifaires d’importation.
Alors que l'UE pourrait formaliser, la semaine prochaine, son offre d’un contingent d’importation de viande bovine sud-américaine dans l’UE de 99 000 tonnes (dont 50 % de viande fraîche, 50 % de viande congelée) assorti d'un tarif de 7,5 %, le Copa-Cogeca demande de prendre en compte l'impact cumulé pour le secteur européen du bœuf des concessions faites dans le cadre des accords de libre-échange conclus avec le Canada et le Mexique et celles à venir dans les négociations avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ainsi que l'incertitude créée par le Brexit.
L'UE pourrait aussi, selon nos informations, améliorer son offre en matière d’accès au marché européen pour le sucre, voire pour l’éthanol, afin d’obtenir des concessions du Mercosur notamment dans le secteur automobile.
Dans un courrier adressé à Mme Malmström mi-mai, les associations européennes des betteraviers (CIBE), des fabricants de sucre (CEFS) et des syndicats du secteur agroalimentaire (EFFAT) ont exhorté la Commission à ne pas accepter les demandes du Brésil qui réclame un contingent d'importation de sucre à droit nul, exigeant un tarif de 98 euros par tonne à l’intérieur du quota d'importation. (Emmanuel Hagry)