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Bulletin Quotidien Europe N° 12028
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INSTITUTIONNEL / Italie

Les Européens croisent les doigts pour la formation d'un gouvernement stable

L'échec de la formation d'un gouvernement dirigé par Giuseppe Conte soutenu par les deux partis populistes ayant remporté les élections législatives italiennes de mars a pris de court les Européens qui aspirent à la stabilité politique dans la troisième économie de la zone euro. 

« Il faut surtout privilégier la mise en place d'un gouvernement stable », a considéré le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, lundi 28 mai à Bruxelles. « Ce ne sera pas facile maintenant de former un nouveau gouvernement » en Italie, a indiqué son homologue finlandais, Timo Soini, pour qui, « si de nouvelles élections sont organisées, le résultat sera à peu près le même ». 

La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a néanmoins manifesté sa « pleine confiance » envers les institutions italiennes à agir pour défendre « l'intérêt des Italiens qui coïncide avec la force de l'Union européenne ». 

La veille, le Premier ministre désigné, Giuseppe Conte, avait jeté l'éponge après seulement trois jours en raison du refus du président de la République italienne, Sergio Mattarella, de valider la personnalité controversée de Paolo Savona, surnommé 'professeur anti-euro' dans la péninsule, au poste de ministre des Finances. 

« L'incertitude de la position italienne sur la question de l'euro a fait retentir l'alarme chez les investisseurs et les épargnants, italiens et étrangers, qui ont investi dans nos titres souverains et nos entreprises », avait déclaré dimanche M. Mattarella. J'avais demandé pour cette fonction une figure politique « qui ne soit pas vue comme le défenseur d'une ligne (...) qui pourrait mener probablement ou inévitablement à la sortie de l'Italie de l'euro », avait-il justifié. 

Cette décision est destinée à rassurer les marchés financiers alors que 36 % de la dette italienne - 2 300 milliards d'euros soit 134,1 % du PIB national - est détenue par des investisseurs étrangers. L'incertitude politique en Italie a fait grimper les taux d'intérêt sur la dette italienne. 

La décision de M. Mattarella a aussi provoqué la colère des deux partis populistes vainqueurs des élections, le Movimento 5 stelle et la Lega, qui ont hurlé à la confiscation de la légitimité des urnes par la caste des puissants en Italie et à l'étranger. Ils ont qualifié de représentant de la finance internationale Carlo Cottarelli, un expert du FMI ayant rempli plusieurs missions de réduction des dépenses publiques italiennes sous de gouvernements précédents de centre gauche, et choisi par le président italien pour former un gouvernement technique d'ici à la tenue de nouvelles élections, fin 2018 ou début 2019. (Mathieu Bion)

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