login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12020
POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

La Présidence bulgare reste déterminée à parvenir à un compromis au Conseil sur la réforme du système d'asile en dépit des blocages persistants

Les ambassadeurs des Vingt-huit auprès de l'UE (Coreper) ont à nouveau planché, mardi 15 mai, sur la réforme du règlement dit 'de Dublin' encadrant le système européen d'asile. 

Ils ont eu une discussion générale sur les principales orientations prises jusqu’ici sous la Présidence bulgare du Conseil de l'UE, dans l’optique de préparer les discussions des chefs d’État ou de gouvernement qui doivent en théorie parvenir à un consensus sur le sujet à la fin juin. 

Pour la réunion de mardi, la Présidence bulgare avait tenté de travailler à la recherche d'un équilibre entre les principes de solidarité et de responsabilité dans le cadre d'un mécanisme de gestion de crise migratoire, organisé en trois phases et différents seuils de déclenchement (EUROPE 12014). 

La réunion a été « très bonne », a brièvement commenté une source diplomatique, le prochain rendez-vous fixé étant le Conseil 'Justice et affaires intérieures', mardi 5 juin à Luxembourg. D’autres discussions pourraient intervenir au niveau des ambassadeurs avant la réunion ministérielle. 

La tentative de la Présidence bulgare d’atteindre le point d’équilibre entre obligations des États membres de premier accueil et soutien des autres pays en cas de crise est bien perçue en général, notamment par certains pays particulièrement concernés comme la Grèce. Bien qu’en désaccord avec certaines orientations, Athènes souhaite aboutir au plus vite à une solution. 

« La Présidence bulgare est vraiment déterminée », a observé une source d'un autre pays plus au nord. 

Mais l'approche bulgare est encore loin de mettre tout le monde d’accord. D’autres sources se sont en effet montrées plutôt pessimistes mardi à l’issue de la discussion. Selon une autre source diplomatique, le tour de table opéré mardi n’était « pas très encourageant » et les positions restent encore « très dures » du côté de certains pays comme la Hongrie. 

« La Présidence bulgare a bien fait évoluer les travaux, mais il y a des oppositions fondamentales avec des blocages idéologiques de plus en plus prononcés », explique une autre source nationale. Selon elle, il n’y a pas seulement la Hongrie et son opposition farouche à la relocalisation obligatoire de demandeurs d’asile en cas de crise, mais « une dizaine d’États membres qui ont aussi une difficulté avec cela », a dit cette dernière source. 

Pour d’autres pays au sud de l’UE comme l’Italie, le mécanisme de solidarité ne va pas assez loin. L’Italie et l’Espagne critiqueraient aussi une réforme qui s’éloigne de son objectif de départ pour se concentrer trop sur la lutte contre les mouvements secondaires de demandeurs d’asile entre les pays. 

L’inconnue italienne

La ligne que défendra le futur gouvernement italien, dont la composition n’est toujours pas connue, est en soi une vraie inconnue. 

Pour la Grèce également, la situation pourrait changer en fonction de ce futur gouvernement, l’Italie ayant été traditionnellement un allié de la Grèce pour plaider davantage de solidarité de l’UE dans les crises migratoires. 

Athènes, actuellement, a des difficultés avec certains aspects du texte, notamment sur les seuils de déclenchement du mécanisme de crise qu’elle voudrait voir arriver plus tôt, mais le pays veut faire preuve de flexibilité. 

« Ils ont une position très ouverte » sur les travaux de la Présidence, a fait valoir une source d’un autre pays, estimant que cette volonté de flexibilité et d’aboutir à un résultat est peut être liée à l’inconnue que fait peser le futur gouvernement italien. 

Remettre le dossier au sommet d’octobre ?

En attendant, l’idée de s’en tenir, lors du sommet européen des 28 et 29 juin, à un simple bilan des travaux et des acquis positifs sur la réforme dite 'de Dublin' et de remettre une tentative d’accord au sommet d’octobre aurait aussi été évoquée mardi. 

La Hongrie aurait proposé que l’on attende un nouveau mandat du Parlement européen, après les élections de 2019, pour reprendre le dossier. Les eurodéputés, qui sont en effet prêts à négocier avec le Conseil depuis octobre 2017, prônent un mécanisme permanent de relocalisation obligatoire, basé sur des quotas et mettant fin au principe du premier pays d’entrée (EUROPE 11887). 

Déterminée à conclure d'ici fin juin, la Présidence bulgare doit désormais arrêter les contours du débat qu’auront les ministres, début juin, entre débat général ou discussion requérant des orientations politiques précises. (Solenn Paulic)

Sommaire

ACTION EXTÉRIEURE
POLITIQUES SECTORIELLES
INSTITUTIONNEL
ÉCONOMIE - FINANCES
SOCIAL
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES