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Bulletin Quotidien Europe N° 12020
ACTION EXTÉRIEURE / États-unis

Message coordonné attendu des Européens à Sofia en vue d'une issue à la querelle sur le commerce

Tandis que la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, et le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, doivent de nouveau s'entretenir, mardi 15 mai, pour trouver un terrain d'entente en vue d'une exemption permanente pour l'UE des droits de douane américains sur les importations d'acier et d'aluminium, les regards sont tournés vers Sofia, où les dirigeants des Vingt-huit, devraient donner, mercredi 16 mai, des orientations pour trouver une issue à la brouille commerciale transatlantique. 

« Les droits de douane américains sur l'acier et l'aluminium ne peuvent être justifiés par des raisons de sécurité nationale. C'est pourquoi nous (en demandons) l'exemption permanente pour l'UE », a répété mardi le président du Conseil européen, Donald Tusk, à la veille d'un dîner informel consacré à ce dossier avec les dirigeants des pays de l'UE, en amont du sommet UE/Balkans du 17 mai à Sofia. 

M. Tusk a rappelé qu'au Conseil européen du 23 mars, les dirigeants des Vingt-huit avaient « fortement soutenu » le paquet de contre-mesures à l'imposition éventuelle des taxes américaines, en ligne avec les règles de l'OMC et prévoyant notamment des taxes pour 2,8 milliards d'euros d'exportations américaines.

« Tout en rappelant l'engagement européen en faveur de relations transatlantiques fortes, nous avons aussi souligné notre soutien au dialogue sur les questions commerciales d'intérêt commun. Mercredi soir, je proposerai que nous nous en tenions à nos armes », a poursuivi M. Tusk, assurant qu'« un soutien renouvelé et total à la Commission renforcera sa position dans les négociations avec les États-Unis ». 

« Il est clair que ce n'est pas l'UE qui met en danger les relations commerciales transatlantiques. Mais nous devons nous assurer d'avoir fait tout ce qui était en notre pouvoir, et dans les limites des règles du commerce international, pour éviter un scénario négatif », a-t-il conclu. 

Fin avril, le président américain, Donald Trump a prolongé jusqu'au 1er juin l'exemption provisoire pour l'UE des taxes américaines de 25 % sur les importations d'acier et de 10 % sur celles d'aluminium. 

Pour exempter définitivement l'UE de ces taxes, Washington réclame une plus grande ouverture du marché européen. Mais la Commission exige que l'UE soit exemptée « totalement et sans condition » des droits de douane américains avant d'entamer toute discussion sur d'autres questions. 

« À mesure que nous approchons de l'échéance du 1er juin, j'espère que nous arriverons à une conclusion raisonnable. Sinon, les tarifs entreront en vigueur », a prévenu M. Ross lundi 14 mai. 

« Nous sommes prêts à améliorer nos relations commerciales avec les États-Unis, mais il ne s'agit pas d'une concession visant à obtenir une exemption permanente des droits de douane plus élevés sur l'acier et l'aluminium, car ils ne sont pas justifiés. Avant d'entamer des négociations, nous devons obtenir le soutien des États membres », a prévenu mardi le vice-président de la Commission, Jyrki Katainen. 

La Commission répète à l'envi qu'elle ne peut négocier avec Washington des réductions tarifaires ou d'autres questions d'accès au marché sans un mandat des 28 États membres de l'UE (EUROPE 12004). 

Ces dernières semaines, tandis que la France s'est fait l'écho de la Commission, l'Allemagne et l'Italie n'ont pas caché leur souhait d'un arrangement incluant un abaissement tarifaire sur certains produits et mettant de côté les questions les plus épineuses des négociations TTIP, au point mort depuis fin 2016. 

Plusieurs dirigeants européens ont toutefois souligné, le 23 mars, qu'ils ne souhaitaient pas de pourparlers en vue d'un accord commercial 'TTIP-light' qui inclurait le seul traitement des barrières tarifaires. 

Il est attendu qu'à Sofia, mercredi, les dirigeants des Vingt-huit donnent des « orientations » avant la réunion des ministres européens du Commerce le 22 mai, a expliqué mardi une source diplomatique bulgare, alors que Washington laisse entendre qu'un compromis est possible si l'UE accepte des quotas pour ses exportations d'acier et d'aluminium. 

Reste à savoir si l'UE est prête à transiger en acceptant un arrangement avec Washington sur un quota, tel que conclu par la Corée du Sud (en acceptant un quota plafonnant ses exportations d'acier vers les États-Unis à 70 % de leur total moyen des exportations des trois dernières années) ou par l'Argentine et le Brésil, mais dénoncé par les Européens comme un mécanisme de restrictions volontaires à l'exportation en violation des règles de l'OMC. (Emmanuel Hagry)

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