L’UE et la Tunisie ont souligné, mardi 15 mai, lors de leur Conseil d’association, leur volonté de renforcer leur coopération.
À court terme, l’UE et la Tunisie comptent se fixer « des objectifs encore plus ambitieux pour l'avenir » concernant leur coopération « autour de questions essentielles comme l'employabilité des jeunes et les réformes, la consolidation démocratique et la promotion de la bonne gouvernance – avec le rôle toujours essentiel de la société civile, la réponse aux défis sécuritaires communs et la gestion concertée de la migration ». Le commissaire à la Politique de voisinage, Johannes Hahn, a fait le lien entre soutien financier et réformes, exhortant à les accélérer. M. Hahn conduira une mission dans le pays avec les institutions financières cette année, pour discuter des réformes en cours et de l'appui nécessaire pour les accompagner.
La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a précisé que les deux parties souhaitaient conclure l’accord de libre-échange (ALECA) « dans les meilleurs délais, peut-être même en 2019 », ajoutant avoir une « ambition similaire pour la facilitation des visas et l'accord sur la réadmission ». Mais les négociations sur les visas font face à un obstacle de taille : la migration illégale depuis la Tunisie. Si celle-ci a été démentie par le ministre tunisien des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, et M. Hahn, selon un rapport de la Commission, les départs irréguliers de la Tunisie vers les côtes italiennes sont passés de 999 en 2016 à plus de 6 000 en 2017 (EUROPE 12017). « La Tunisie a fait des efforts colossaux pour mieux contrôler les frontières, le nombre de Tunisiens qui émigrent est de loin moins important que celui connu il y a quelques années », a précisé M. Jhinaoui.
L'UE et la Tunisie voient également au-delà de 2020, avec l’ambition « d’approfondir davantage leur rapprochement ». D'ici le Conseil d'association 2019, les deux parties vont poursuivre leur réflexion sur la vision future pour leur partenariat.
L’UE a également salué la tenue des élections municipales le 6 mai dans le pays. Pour Mme Mogherini, elles constituent une « étape majeure dans la consolidation de la démocratie ». L’UE va soutenir le renforcement des capacités des nouvelles autorités locales, avec des fonds supplémentaires. (Camille-Cerise Gessant)