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Bulletin Quotidien Europe N° 12019
INSTITUTIONNEL / Budget

L’importance de la solidarité dans le budget de l’UE rappelée à Florence

La commissaire européenne chargée de la Politique régionale, Corina Crețu, et le président du Comité des régions, Karl-Heinz Lambertz, ont réaffirmé leur souhait que le cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027 mette l’accent sur la solidarité, seule alternative pour eux à la montée de l’euroscepticisme, lors de la conférence annuelle ‘State of the Union’ de l'Institut universitaire européen de Florence, vendredi 11 mai. 

Cet échange d’observations, auquel participaient également l’ancien Premier ministre italien, Mario Monti, et Brigid Laffan, professeur à l’Institut universitaire européen de Florence, avait une résonnance toute particulière moins de dix jours après la présentation par la Commission européenne de sa proposition concernant le prochain CFP (EUROPE 12013). 

Mme Crețu a tenu à affirmer à ce titre que « la politique régionale était la politique la plus visible pour la solidarité […] qui devrait rester la politique la plus importante ». « Il est très important que, pour la prochaine période, la solidarité demeure le cœur de notre projet unique », a-t-elle ajouté. 

Ces observations ont en partie été partagées par M. Lambertz, pour qui « il est très important de renforcer la visibilité au sein de l’Union européenne […]. Pour l’heure, ceci s’est traduit par la politique de cohésion ». Il s’est en outre dit désireux de défendre la politique de cohésion lors des futures négociations relatives au cadre financier pluriannuel, en ce que celle-ci est une « success story ». 

M. Lambertz a cependant regretté que la Commission ait proposé un budget dont les dépenses ne représentent que 1,114 % du revenu national brut (RNB) de l’Union ; il a exprimé sa préférence pour un taux de 1,3 %. 

Le président du Comité des régions a également abordé la problématique des recettes. « Nous avons crucialement besoin de ressources propres pour l’Union européenne », a-t-il ajouté. Ces propos ont reçu le soutien de Brigid Laffan, qui a vu d’un bon œil le « nouveau panier » de ressources propres. 

La contribution à ce débat de Mario Monti, qui a dirigé un groupe de réflexion sur les ressources propres en 2017 (EUROPE 11701), était à ce titre attendue. Interrogé par EUROPE en conférence de presse, il s’est dit satisfait des propositions spécifiques de la Commission européenne. Il s’agit pour lui d’un « changement radical » que les États membres ne devraient pas pouvoir évacuer. 

Ces ressources devraient, d’après M. Monti, recevoir un soutien plus fort de la part des citoyens européens alors que ceux-ci rechignent que leur pays verse une part de sa richesse au budget de l'UE. Il n’a cependant pas commenté la nature de ces éventuelles futures ressources propres. 

L'ancien président du Conseil italien a, par ailleurs, qualifié la proposition de la Commission de « très innovante », l’institution ayant reconsidéré les priorités politiques de l’Union en mettant, par exemple, l'accent sur la gestion du défi migratoire. Il a, sur ce point, reçu un soutien de la part de M. Lambertz, qui reconnaît que l’Union a « de nouveaux défis » à relever. 

M. Juncker souhaite un accord avant les élections européennes. Plus tôt dans la journée, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, avait défendu le caractère solidaire du projet de CFP post-2020, notamment via la proposition de création d’un Fonds européen d’investissement (InvestEU) ou sur les aspects fiscaux. 

Comme le commissaire européen au Budget, Günther Oettinger, M. Juncker a souhaité un accord à l'unanimité des États membres avant les prochaines élections européennes. M. Monti a également soutenu cette position. (Lucas Tripoteau)

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