L’UE s’est dotée, lundi 14 mai, d’une législation du cadre d'action Climat/Énergie à l'horizon 2030, décisive pour mettre en œuvre l'Accord de Paris.
Le Conseil a adopté sans débat le règlement 'Lulucf' (sigle anglais pour utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie) sur la contribution de la foresterie et l'agriculture aux objectifs climatiques de l’UE sur la période 2021-2030 (EUROPE 11926).
Le texte découle de l’accord interinstitutionnel trouvé en décembre 2017, sous présidence estonienne du Conseil, sur cette législation complétant le règlement sur le partage de l’effort entre les Vingt-huit dans les secteurs hors ETS (voir autre nouvelle).
En vertu du règlement 'Lulucf', les États membres devront garantir l’équilibre entre les émissions et les absorptions de CO2 par les forêts, les terres cultivées et les prairies au cours de deux périodes : 2021-2025 et 2026-2030. Si les absorptions dépassent les émissions pendant la première période, ce crédit pourra être mis en réserve et utilisé pendant la deuxième période. Les terres humides sont incluses dans les règles de comptabilisation.
La Pologne a voté contre le texte. Dans une déclaration, elle a dit sa « profonde déception » face à cette législation qui, selon elle, ne tient pas correctement compte du fait que les écosystèmes forestiers constituent le plus grand et le plus important puits de carbone d’Europe. Elle considère qu’établir le niveau de référence forestier pour les terres forestières gérées sur la base de la période 2000-2009 est une décision arbitraire qui favorise certains pays au détriment d’autres.
La Lettonie et la Lituanie se sont dites préoccupées par les exigences concernant la comptabilisation obligatoire des zones humides à partir de 2026. Dans une déclaration, elles demandent à la Commission de tenir compte, lors des révisions du règlement, du manque éventuel de données précises et des facteurs d'émissions nationaux pour estimer les émissions et les absorptions dans le cadre de la gestion des zones humides, et de veiller à ce que les pays aient assez de temps pour les améliorer.
Le Portugal a soutenu l'accord, tout en soulignant que la comptabilisation obligatoire des zones humides imposera à certains pays un effort considérable. Il a en outre appelé à des mesures qui incitent à réaliser des réductions d'émissions effectives et qui encouragent la séquestration du carbone. (Aminata Niang)