Pour les ministres européens de l’Environnement, il est indéniable que la politique environnementale est un moteur pour l’emploi et la croissance économique en Europe, s’agissant en particulier des marchés publics verts et des mesures de verdissement de l’économie.
Ils l'ont réaffirmé lundi 5 mars, à Bruxelles, à l'occasion d'un échange de vues sur l'écologisation du 'Semestre européen', cet exercice budgétaire fondé sur l'examen annuel de la croissance 2018. Celui-ci contient des références à l'économie circulaire et à l’importance que revêtent, pour la productivité, des investissements qui renforcent la durabilité environnementale, à la grande satisfaction du Conseil 'Environnement'.
Les ministres ont également estimé qu’une meilleure mise en œuvre de la législation environnementale est un facteur clé pour verdir le 'Semestre européen'.
L’économie circulaire a occupé une place centrale dans l’échange, l’exercice annuel de croissance 2018 mettant un accent particulier sur l’investissement, les déchets et le recyclage, la fiscalité environnementale, la gestion de l’eau et la pollution de l’air, a souligné le commissaire européen à l’Environnement, Karmenu Vella, devant la presse, à l'issue de la session.
« J’espère que nous réussirons à mieux intégrer l’environnement dans les programmes nationaux de réformes. L’examen de mise en œuvre de la politique environnementale par pays (EIR, selon le sigle anglais pour Environmental implementation review) sera, a cet égard, décisif », a-t-il ajouté. C'est là une question chère à la Présidence bulgare du Conseil, s'agissant de cet outil censé aider les Vingt-huit à remédier aux lacunes de mise en œuvre (EUROPE 11973).
Les ministres ont également discuté de la manière dont les défis du développement durable et du changement climatique pourraient se refléter dans le prochain cadre financier pluriannuel post-2020 de l'UE.
Certains ont insisté sur la nécessité d'une communication plus transparente des risques et des opportunités pour les investisseurs, en vue de promouvoir des investissements privés plus respectueux de l'environnement. Plusieurs délégations ont appelé à intégrer la durabilité dans la gouvernance financière, d'autres ont plaidé pour une allocation de ressources adéquate à des mesures fondées sur des objectifs environnementaux réalistes.
« L'Allemagne et treize pays plaident pour que le prochain budget consacre au moins 20 % des ressources aux actions pour le climat et que les 80 % restants soient respectueux du climat », a déclaré à la presse le secrétaire d’État allemand à l'Environnement, Jochen Flassbarth. (Aminata Niang)